L’arrêté sur « l’organisation des enseignements » au collège au Journal Officiel

L'arrêté du 16 juin 2017 relatif à l'organisation des enseignements dans les classes de collège a été publié au journal officiel du 18 juin. Ce texte, qui détricote la réforme de Najat Vallaud-Belkacem, est censé entrer en vigueur à la rentrée 2017.

Two happy students walking and talking each other in a campus at sunset with a warm light / Antonio Guillem / Shutterstock

Two happy students / Antonio Guillem / Shutterstock

L’Arrêté du 16 juin 2017 modifiant celui du 19 mai 2015 relatif à l’organisation des enseignements dans les classes de collège, est paru au Journal officiel du 18 juin 2017. Il rend les EPI à la « libre appréciation » des établissements, détricotant ainsi la réforme de Najat Vallaud-Belkacem.

L’obligation donnée à « toutes les disciplines d’enseignement » de « contribuer » aux « enseignements complémentaires », prenant la forme de temps d’accompagnement personnalisé et d’EPI (Enseignements Pratiques Interdisciplinaires), est supprimée. Un nouveau paragraphe a simplement été ajouté : « à l’issue du cycle 4, tout élève doit avoir bénéficié de chacune des formes d’enseignements complémentaires. »

La répartition entre les enseignements complémentaires « déterminée par l’établissement »

L’article 4 expliquait jusqu’ici que les enseignements complémentaires étaient des « temps d’accompagnement personnalisés » ; qu’au cycle 4, la répartition entre l’accompagnement personnalisé et les EPI variait « en fonction des besoins des élèves et du projet pédagogique » du collège, et que la répartition des volumes horaires entre ces deux enseignements était « identique pour tous les élèves d’un même niveau. »

Désormais, l’arrêté du 16 juin 2017 stipule juste que, dans le public, la répartition entre les enseignements complémentaires est « déterminée par l’établissement », et est « fixée par le conseil d’administration, après avis du conseil pédagogique. » Dans les collèges privés sous contrat, elle est fixée par « le chef d’établissement en concertation avec les professeurs ».

group of happy teenage students / Syda Productions / Shutterstock

group of happy teenage students / Syda Productions / Shutterstock

Plus de thèmes obligatoires pour les EPI

Suite à la réforme du collège de 2015, les EPI portaient sur 8 « thématiques interdisciplinaires », et c’était le programme d’enseignement du cycle 4 qui fixait le cadre des contenus enseignés pour chacune de ces thématiques. Le nouvel arrêté ne comporte plus de liste de thèmes obligatoires.

Est seulement indiqué que les enseignements complémentaires peuvent être « dispensés dans une langue vivante étrangère ou régionale » (à condition de ne pas dépasser la moitié du volume horaire de l’enseignement considéré).

« L’enseignement de langues et cultures européennes » : le retour des classes bilangues

L’article 6 de l’arrêté de 2015, qui apportait nombre de précisions sur les EPI, est supprimé. Selon le nouvel arrêté, les enseignements facultatifs au cycle 4 peuvent porter sur les « langues et cultures de l’Antiquité » (trois heures en 4e et 3e, contre deux aujourd’hui), sur une « deuxième langue vivante étrangère, ou régionale », mais aussi sur un « enseignement de langues et cultures européennes », s’appuyant sur « l’une des langues vivantes étudiées », dans la limite de 2 heures hebdomadaires.

Le nouvel arrêté permet donc aux collèges qui le souhaitent de rétablir les classes bilangues et de renforcer leurs options latin et grec. « Une dotation horaire spécifique peut être attribuée à cette fin », précise le texte.

Silence on lit / Collège de Banon

Silence on lit / Collège de Banon

Une modération de la répartition du volume horaire par discipline plus forcément « pondérée »

Jusqu’ici, les établissements pouvaient modérer la répartition du volume horaire hebdomadaire par discipline, mais « de manière pondérée ». Cette exigence n’existe plus dans le nouvel arrêté. De même, un passage qui précisait que « la modulation de la répartition du volume horaire hebdomadaire est fixée pour la durée du cycle », a été supprimée.

Selon le texte, signé par Jean-Michel Blanquer, cette modulation est fixée, dans les collèges publics, par le conseil d’administration après avis du conseil pédagogique. Dans les collèges privés sous contrat, elle est là encore « fixée par le chef d’établissement en concertation avec les professeurs ».

« Les effets prévisibles d’une précipitation qu’on voudrait nous imposer » (ID-FO)

Théoriquement, l’arrêté du 16 juin 2017 devrait entrer en vigueur dès la rentrée 2017 – ce qui inquiète ID-FO (indépendance et direction), le second syndicat de chefs d’établissement, qui écrit dans un communiqué : « des modifications profondes à mettre en œuvre dès la rentrée 2017 nécessiteraient du temps… Mais quand trouverons-nous ce temps, alors même que la préparation de rentrée est déjà actée dans les établissements ? »

Et d’alerter sur « les effets prévisibles d’une précipitation qu’on voudrait nous imposer », refusant « un bouleversement brutal de l’organisation de la rentrée 2017″.

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