Collège, rythmes scolaires : un arrêté et un décret présentés aux syndicats le 8 juin

Jean-Michel Blanquer présentera ce jeudi aux syndicats d'enseignants deux mesures visant à revenir dès la rentrée 2017, sur les réformes du collège et des rythmes scolaires.

Silence on lit / Collège de Banon

Silence on lit / Collège de Banon

Trois mois avant la rentrée 2017, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale, présentera aux syndicats d’enseignants ses deux premières mesures majeures, visant à détricoter la réforme du collège mise en place par Najat Vallaud-Belkacem, ainsi que celle des rythmes scolaires.

La réforme du collège détricotée

Un projet d’arrêté (pdf), destiné à accroître l’autonomie des collèges, devrait permettre à ces derniers de supprimer les EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires) et de rétablir des options latin et des classes bilangues en 6e. Présenté au Conseil supérieur de l’éducation (CSE) le 8 juin, l’arrêté devrait entrer en vigueur dès septembre 2017.

La possibilité donnée aux collèges de décider de la création de classes bilangues ou d’options latin, plutôt qu’un pilotage national ou académique, inquiète nombre d’enseignants. « Les profs vont se battre entre eux pour décider s’ils mettent leurs moyens sur le latin, l’allemand, ou la réduction des effectifs par classe », indique ainsi une professeure de lettres classiques au Parisien.

Silence, on lit / Collège de Banon

Silence, on lit / Collège de Banon

Le projet d’arrêté sur la réforme du collège permettra aux collèges « qui le souhaitent » de rétablir, « dans la limite de deux heures hebdomadaires », sous la dénomination « d’enseignements facultatifs »,  les classes bilangues en 6e (qui n’ont été maintenues jusqu’ici que pour les élèves ayant appris une autre langue que l’anglais en primaire).

L’arrêté devrait aussi rétablir le volume horaire de l’apprentissage du latin et du grec, à raison de trois heures par semaine en 4e et 3e. Les EPI seront de leur côté à la « libre appréciation » des établissements. Les 8 thématiques obligatoires seront suspendues: ainsi, les contenus de ces enseignements interdisciplinaires ne seront plus imposés par le ministère.

Enfin, l’arrêté prévoit, sans mentionner les classes européennes, la création d’un « enseignement commun ou complémentaire » qui pourra être dispensé « à chaque niveau », dans une langue vivante étrangère, jusqu’à la moitié du volume horaire consacré à cette discipline, « dans la mesure où les compétences des enseignants le permettent et lorsque les objets d’études s’y prêtent ».

Le risque d’un « enseignement à plusieurs vitesses » (SNES)

Selon Sonia Bourhan, journaliste éducation à France Inter, le projet risque d’être « trop ambitieux », puisque « sans dotation spécifique », l’application de ces mesures « ne pourra être effective à la rentrée prochaine, malgré la volonté du gouvernement ».

Pour le SNES-FSU, le « renvoi au local » des décisions concernant les EPI « risque de renforcer les inégalités territoriales ». Pour le syndicat, si « l’étau est desserré, cela ne doit pas faire illusion sur le fond : ce qui nous est proposé n’est rien d’autre qu’un pas vers davantage d’autonomie des établissements ».

Valérie Sipahimalani, secrétaire générale adjointe du SNES, explique au Monde que « le prix à payer, c’est l’autonomie, c’est-à-dire davantage de décisions à arbitrer dans chaque établissement », et que « le risque est grand de mettre les collèges en concurrence et, au final, d’avoir un enseignement à plusieurs vitesses. »

Ecole primaire en France, salle de classe / Licence CC Wikimedia / par Marianna

Ecole primaire en France, salle de classe / Licence CC Wikimedia / par Marianna

Rythmes scolaires : le retour de la semaine de 4 jours

Après 5 ans de polémique, la réforme des rythmes scolaires mise en place sous le quinquennat Hollande devrait être détricotée.

Un projet de décret, qui modifiera le code de l’éducation sur l’organisation du rythme hebdomadaire sera soumis au CSE le 8 juin. L’objectif affiché dans ce document n’est pas de revenir sur la semaine de quatre jours et demi, mais simplement d’élargir « le champ des dérogations à l’organisation de la semaine scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires publiques ».

Mais selon Le Monde, qui s’est procuré le texte, le décret devrait en réalité permettre de revenir à la semaine de 4 jours dans le primaire, en permettant « au représentant départemental de l’éducation nationale, sur proposition conjointe des acteurs locaux (communes, conseils d’école), d’autoriser des adaptations aboutissant à répartir les 24h d’enseignement hebdomadaires des écoliers sur 8 demi-journées, soit 4 jours. »

Le projet de décret, cité par ToutEduc, qui s’est également procuré le document, permettra ainsi au Dasen (directeur académiques des services de l’Education nationale), « saisi d’une proposition conjointe d’une commune et d’un ou plusieurs conseils d’école », d’autoriser « des adaptations » à l’organisation de la semaine scolaire « ayant pour effet de répartir les heures d’enseignement hebdomadaires sur 8 demi-journées réparties sur 4 jours ».

salle de classe professeur primaire

Cours à l’école primaire © Kzenon – Fotolia.com

« Une grande confusion pour la rentrée à venir » (SGEN)

Pour le SNUIPP, « la possibilité d’un retour à quatre jours de classe » apportée par le  futur décret « doit être cohérente à l’échelle d’un territoire et réfléchie pour permettre de meilleures conditions d’apprentissage pour les élèves, et de travail pour les personnels ». Pour le syndicat, cette organisation « devra être définie en prenant en compte l’avis des enseignants et des conseils d’école, sous la responsabilité du ministère de l’Éducation nationale. »

Pour le Sgen-CFDT, ce projet de décret sur les rythmes scolaires « ouvre la porte au retour à la journée de 6 heures, à la semaine de 4 jours et à l’année scolaire de 144 jours, qu’aucun pays européen ne pratique ». Qualifiant ce projet de « retour vers le futur », le syndicat s’inquiète : « ce texte présage d’une grande confusion pour la rentrée à venir », en permettant « une reconcentration des heures de classe sur un trop petit nombre de jours, une réintensification du travail des élèves comme des personnels, et une dégradation des conditions d’apprentissage et des conditions d’exercice des enseignants ».

Selon le SGEN, « ce projet de texte a été élaboré hors de toute concertation et sans respect des engagements pris par le ministère envers les organisations syndicales », et « il est encore temps d’ouvrir le dialogue. »

20 commentaires sur "Collège, rythmes scolaires : un arrêté et un décret présentés aux syndicats le 8 juin"

  1. Florence  8 juin 2017 à 20 h 30 min

    4jours je dis oui car en tant qu’ atsem je peux vous dire que les enfants non pas de journée plus courte. On parle des 3h de temps périscolaire ils sont inégals entre commune très mal encadrer et sur certaines communes payants. Et comme nous n’avons pas de locaux appropriés les enfants se sentent libre de faire ce qu’ils veulent, se permettent des choses qu’ils ne feraient pas avec leur maître.Signaler un abus

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  2. Val  9 juin 2017 à 19 h 23 min

    Quelle hypocrisie. Penser que tous les enfants de France ont des journées moins longues est un leurre! Dans mon école nous travaillons 4 jours et demi
    ….mais les journées n’ont pas été raccourcies! le vendredi est non travaillé et consacré aux TAP! Où sont les journées moins longues?
    De plus qu’ont gagné les enfants si ce n’est 3 heures de plus sur le site de l’école: bravo l’allègement.Signaler un abus

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  3. Sinvillier  10 juin 2017 à 18 h 42 min

    Enfin la liberté sur les E.P.I. Pour ma part, chef d’établissement, j’ai si peu porté d’intérêt à cette affaire. Mes professeurs se sont emballés sur des « projets » sans doute intéressant (exposition drones, robotique, collages de livres …) qui n’étaient pas sans me rappeler des années folles de naguère (10%, années à projets …). Bon nous devrions revenir à plus de sérénité et faire enfin « l’École ».Signaler un abus

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    • Muriel Odier  12 juin 2017 à 17 h 49 min

      « Faire l’école » est sûrement obliger les élèves à rester assis 7 h par jours, à ingurgiter des notions dont ils ne voient pas la finalité! Quel mépris de certains de nos dirigeants pour notre enthousiasme, à nous les professeurs, dans la mise en place de projets qui essaient de donner du sens à notre enseignement. Quel manque d’envergure et d’utopie …Revenons à la « sérénité »: c’est vrai il est urgent d’attendre… Ne changeons rien… N’essayons rien… Soyons sereins….Ne dérangeons pas la hiérarchie… C’est de cela que nos collégiens ont besoin!Signaler un abus

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  4. Nas  13 juin 2017 à 21 h 24 min

    Tout le monde se chamaille sur 4j ou 4j et demi. Ya personne qui est choqué par les 11 semaines de cours en fin d’année?? Sérieux? Ya que moi? En Janvier, il y a 5 semaines entre Noël et les vacances d’hiver mais on en met 11 en fin d’année quand les gamins sont épuisés! Je ne vous dis pas le taux d’absentéisme depuis ce lundi (12/06) et c’est sans compter les départs en vacances vers le 15/06 car les billets d’avion et les hôtels restent moins chers. Ça, ça ne choque personne? Ceci étant dit, 4j et demi, les gamins sont épuisés dès le jeudi comme cela a été dit. Sans compter que pour les enfants dont les parents travaillent, ça fait des journées de 7:30 à 18h voire 18:30. Y en a qui y pensent à ces enfants?Signaler un abus

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    • Sandra  14 juin 2017 à 22 h 49 min

      Tout à fait d’accord !Signaler un abus

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    • sev40  15 juin 2017 à 13 h 55 min

      Merci Nas effectivement on dirait qu’en France il n’y a que des enfants dont les parents ne travaillent pas !!! Qu’il y ait cours ou pas le mercredi mes enfants devront se lever à 7h15 et passer la journée au centre de loisirs jusqu’à 17h30 ! Quand les parents travaillent les enfants se lèvent tôt et restent au sein de l’établissement qu’il y ait cours ou pas jusqu’à 17h30 18h ou plus. Ces enfants là n’ont pas le temps de se reposer. Pensons à eux aussi !Signaler un abus

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    • sarah  16 juin 2017 à 15 h 05 min

      bravo
      11 semaines en fin d’année scolaire c’est délirant …tout comme l’étaient les vacances de la Toussaint d’un jeudi à un jeudi…. »non non on ne peut ajouter 2 jours pour arriver à un samedi…vos enfants seront trop fatigués  » argumentait notre ancienne ministre ….mais 11 semaines c’est normal !!
      mon fils en collège arrêtera le 27 juin pour cause de fermeture de collège pour le brevet et mon autre fils en primaire aura classe jusqu’au 7 juillet…2 poids 2 mesuresSignaler un abus

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  5. Sandra  14 juin 2017 à 22 h 47 min

    C’est une évidence: les enfants du primaire travaillent mieux sur 4 jours ! Sa vie d’enfant est ainsi un peu plus respectée. Reste à répartir les vacances plus intelligemment. Début juillet ne sert à rien, la fatigue et les tensions diverses rendent cette période très pénible, totalement inutile ! Alors fin août serait préférable.Signaler un abus

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