Frédérique Vidal veut « expérimenter » les prérequis à l’université

La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, souhaite lancer des expérimentations pour mettre en place les prérequis d'entrée à l'université voulus par Emmanuel Macron.

amphi université

Matej Kastelic-Shutterstock

Dans son programme pour l’Enseignement supérieur, Emmanuel Macron voulait « faciliter les choix d’orientation des étudiants ». Ainsi, « chaque université affichera les prérequis de chacune des formations qu’elle propose » était-il précisé. L’objectif : « garantir une meilleure transition de l’enseignement secondaire vers le supérieur » et « enrayer la sélection par l’échec » pour « permettre à chacun de s’insérer sur le marché de l’emploi à l’issue de ses études supérieures ».

La nouvelle ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Frédérique Vidal, a expliqué jeudi 18 mai lors de la passation de pouvoir que l’expérimentation pouvait être « l’une des méthodes » pour mettre en place les prérequis : « J’aime bien expérimenter les choses à petite échelle parce que cela permet de maîtriser les risques », a-t-elle déclaré dans des propos relayés par Les Echos.

« L’accompagnement de la réussite »

« Envoyer des étudiants [à l’université] sans avoir vérifié s’ils sont en capacité de réussir, c’est les mettre dans une situation d’échec. On va changer de logique et sortir de l’échec pour aller vers l’accompagnement de la réussite », a ajouté l’ancienne présidente de l’Université Nice-Sophia-Antipolis.

Sur ce sujet, la ministre est sur la même longueur d’ondes que la Conférence des présidents d’université (CPU). « Aujourd’hui, personne n’a la solution, donc il vaut mieux expérimenter », explique Emmanuel Roux, le président de la CPU, toujours dans Les Echos. Une généralisation pour la rentrée 2018 pourrait avoir lieu si ces essais se montrent concluants. En attendant, « que l’État fixe des objectifs aux établissements – accueillir un nombre donné d’étudiants ou des étudiants de tel territoire, par exemple – et leur laisse une liberté d’expérimentation, évaluée à l’issue de celle-ci », développe Emmanuel Roux.

« Exclure des jeunes de l’enseignement supérieur »

© @DirectNVB LCI

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Une sélection avait déjà été mise en place par le gouvernement précédent, mais il concernait uniquement l’entrée en master« C’est une solution qui répond à la fois au besoin des établissements supérieurs qui souhaitent recruter les élèves en fonction de leur niveau pédagogique mais aussi à l’aspiration des jeunes étudiants de pouvoir poursuivre leurs études le plus loin possible », justifiait alors Najat Vallaud-Belkacem.

Pour l’entrée en licence, le tirage au sort – déjà officieux dans certaines universités – avait été autorisé à la fin du quinquennat Hollande. « On ne pouvait pas laisser les universités et notre successeur dans l’incertitude. Ça n’aurait pas été responsable », expliquait-on dans l’entourage de la ministre. « Un vrai déni de démocratie et un manque de dialogue social », se désolait alors Jimmy Losfeld, président de la Fage (Fédération des Associations Générales Étudiantes). « Le problème, c’est le lien entre l’enseignement supérieur et l’enseignement secondaire. Il faut réformer ce lien, le baccalauréat et le lycée. Du coup, la vraie réforme, c’est la réforme du lycée », ajoutait-il.

Néanmoins, cette autre solution laisse les organisations étudiantes sceptiques. « On a toujours été favorables aux expérimentations mais si c’est pour expérimenter une forme de sélection et exclure des jeunes du système de l’enseignement supérieur, on s’y opposera », confie Jimmy Losfeld dans Les Echos.

1 commentaire sur "Frédérique Vidal veut « expérimenter » les prérequis à l’université"

  1. Sisi45  25 mai 2017 à 13 h 32 min

    Bien d’accord sur cette notion de prérequis mais le vrai problème, c’est la notoriété et le nombre de places en BTS et en IUT. Si les jeunes connaissaient mieux ces formations et leurs débouchés et s’ils avaient espoir d’y être acceptés, il y aurait moins de demandes par défaut pour l’université.
    Alors l’un sans l’autre serait placer les jeunes dans la situation difficile d’arrêter leurs études ou de s’endetter pour se payer une formation dans un établissement privé !

    A suivre doncSignaler un abus

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