Institutrice d’Albi: nouvelle expertise pour la meurtrière présumée

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La Chambre de l’instruction près la Cour d’Appel de Toulouse a ordonné mercredi une quatrième expertise psychiatrique afin de déterminer si la meurtrière présumée de l’institutrice tuée à Albi en 2014 était pénalement responsable, ont indiqué les parties.

La Chambre a décidé de surseoir à sa décision de renvoyer ou non devant une cour d’assises la mère d’élève accusée d’avoir poignardé, le 4 juillet 2014 devant une quinzaine d’enfants d’une école maternelle d’Albi, Fabienne Terral-Calmès, une institutrice de 34 ans.

La mère de famille avait été internée le jour-même en hôpital psychiatrique. Aujourd’hui en détention provisoire, elle a déjà subi trois expertises qui ont conclu à un état mental non conforme à son renvoi devant les assises.

Mais les avocats de la victime, qui demandent un procès, estiment que les experts jusqu’à présent saisis, qui proviennent de la région, pourraient avoir été influencés par leur proximité géographique des faits.

Une nouvelle expertise, par deux Bordelais, a donc été demandée par la Chambre de l’instruction. Ces derniers doivent rendre leur rapport d’ici au 31 juillet.

« Ce sera la quatrième expertise. La défense ne s’y oppose pas même si les trois premières ont été concordantes », a expliqué à l’AFP Alexandre Martin, avocat de la meurtrière présumée.

« Six experts ont déjà dit que son discernement était totalement aboli et qu’elle s’est trouvée dans un délire paranoïaque qui perdure: elle continue à dire qu’elle a voulu défendre sa fille », a souligné l’avocat.

La partie civile a estimé pour sa part que l’arrêt de la chambre allait « dans le bon sens ». « Nous ne sommes pas là pour nous obstiner mais cette nouvelle expertise va permettre d’examiner le rôle de chacun », a estimé Emmanuel Gil, avocat de la famille de l’institutrice.

« Il y a une incohérence évidente: l’auteur avait déjà été internée avant les faits mais son hospitalisation d’office avait été levée en mars. Elle ne suivait pas les soins mais personne ne s’en est inquiété. On ne peut pas nous dire qu’elle était complètement folle au moment de l’assassinat et, en même temps, que les médecins, deux mois plus tôt, n’ont rien relevé », a déclaré Me Gil, évoquant des « dysfonctionnements en chaîne ».

Le drame, survenu le dernier jour de classe, avait suscité un vif émoi, localement et nationalement, le président François Hollande évoquant à l’époque un « drame abominable ».

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