L’ex-« dircab » de Vincent Peillon déplore le « rendez-vous raté » de la gauche avec l’école

Sur son blog, Pierre-Yves Duwoye, ancien directeur de cabinet de Vincent Peillon, ne cache pas sa déception face à la "Refondation de l'école" et à la réforme des rythmes scolaires, qu'il qualifie de "gâchis politique".

Pierre-Yves Duwoye / Photo de profil Twitter

Pierre-Yves Duwoye / Photo de profil Twitter

Sur son blog, comme le relaie le Figaro, Pierre-Yves Duwoye, ancien directeur de cabinet de Vincent Peillon (ex-ministre de l’Education nationale, entre 2012 et 2014), revient sur « le rendez-vous raté de la gauche avec l’école ».

Dans son billet, qui date du 23 avril 2017, juste après les résultats du premier tour de l’élection présidentielle, l’ancien « dircab » de Vincent Peillon ne cache pas sa déception face à la « Refondation de l’école ». Selon lui, cette loi « ne refonde pas l’école » – certes, elle « acte des points essentiels » (bienveillance, école inclusive, priorité au primaire), mais elle « n’évite pas le recours aux procédures administratives, aux structures supplémentaires et au changement par la circulaire ».

La Refondation de l’école : un « retour vers le futur »

« Parce qu’elles ne traitent pas les difficultés structurelles du système éducatif, les dispositions de cette loi ne constituent en aucun cas une refondation, au mieux une restauration », écrit Pierre-Yves Duwoye, qui qualifie la loi de « retour vers le futur », voyant le retour des « cycles de la loi de 89 revisités », ou encore des ESPE, « avatars des IUFM ». Il remarque encore que « la loi ne fait pas l’économie de songes creux comme le ‘service public du numérique éducatif‘, qui devait résulter de la fusion du CNED et du CNDP, et qui a abouti à une structure verticale de plus, la Direction Nationale du Numérique Éducatif (DNE) ».

Dans son article de blog, Pierre-Yves Duwoye salue la création de 60.000 postes, mais regrette qu’ils aient, « dès le début », été « vendus politiquement, comme une réparation des préjudices subis précédemment – ce qui conduisait à reproduire les dispositifs supprimés ou existants… puisque tout allait mieux avant la droite ».

Pierre-Yves Duwoye déplore en outre que « l’Éducation ait été considérée à travers le prisme des seules attentes syndicales ». Et de regretter que « considérant le paysage syndical national comme incontournable, le ministère n’a pas voulu s’engager dans des changements de fond, au motif que ces questions n’étaient pas majoritairement portées syndicalement ».

Ecole primaire en France, salle de classe / Licence CC Wikimedia / par Marianna

Ecole primaire en France, salle de classe / Licence CC Wikimedia / par Marianna

Les rythmes scolaires, « un gâchis politique »

Sur son blog, l’ancien directeur de cabinet de Vincent Peillon qualifie les rythmes scolaires, « un sujet pas assez travaillé techniquement et pas davantage financé », de « gâchis politique » et de « réforme ratée sur la méthode », qui fut un « marqueur très négatif, dès le début du quinquennat, de la politique du gouvernement en matière d’éducation ». Ainsi, écrit-il, « le fait de s’enfermer dans 5 matinées de cours a été mortifère. Il aurait fallu ne rendre obligatoire qu’un nombre maximum d’heures par jour, en laissant la possibilité de jouer sur le nombre de demi-journées par semaine et le nombre de semaines de cours dans l’année ».

Pierre-Yves Duwoye assène encore : « peut-on parler d’amélioration quand, les activités péri-éducatives ayant été regroupées par demi-journées dans nombre de grandes villes mais aussi en campagne pour des raisons de coût, de locaux ou par rareté de personnels compétents, deux journées ont été maintenues à 6h de cours ! » Et de noter que « la polémique reste encore ouverte sur la fatigue des enfants et l’impact sur les apprentissages. »

« Changer la donne » par une « réforme structurelle »

Enfin, Pierre-Yves Duwoye critique durement l’ex-ministre Vincent Peillon : « je n’ai pas compris assez vite, ou plutôt voulu admettre, qu’il s’agissait de ne rien changer au fond, de ne déplacer aucune ligne, de ne procéder à aucune réforme structurelle mais de faire comme avant 2007, nolens, volens », écrit-il.

Pierre-Yves Duwoye, qui fut aussi ancien recteur de Versailles et Limoges, et ex-secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale de 2007 à 2011, soutient aujourd’hui ouvertement Emmanuel Macron sur Twitter – même s’il considère que « le projet pour l’École » du candidat d’En Marche « doit être approfondi ».

Pour « changer la donne éducative » de façon « pragmatique », il appelle de ses vœux une « réforme structurelle », touchant au mode de pilotage et de régulation – un « obstacle à la réussite des politiques éducatives » -,  à l’organisation administrative du système – « qui freine son efficacité » -, à la gestion des ressources humaines, à « l’alliance » avec les collectivités, et aux « entités d’enseignement », qui devraient « se constituer en réseaux ».

Pierre-Yves Duwoye indique que le but de cette « réforme structurelle » ne serait pas « de faire des économies », mais « d’éviter que les objectifs ne soient, de fait, pas opérationnels, perdent en efficacité, voire ne se réalisent pas ».

2 commentaires sur "L’ex-« dircab » de Vincent Peillon déplore le « rendez-vous raté » de la gauche avec l’école"

  1. modigliani  29 avril 2017 à 17 h 01 min

    Dommage qu’il soit trop tard pour s’apercevoir du gâchis crée par Peillon /Belkacem, et dont les enseignants se souviennent dans l’isoloir !Signaler un abus

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  2. Dean corso  30 avril 2017 à 19 h 49 min

    on pourrait lui demander si il a des nouvelles de monsieur peillonSignaler un abus

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