Les patrons d’auto-écoles dans la rue contre « l’uberisation » de leur profession

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Plusieurs centaines de véhicules auto-écoles ont défilé mardi à Paris, Lyon, Nantes, Toulouse et Marseille pour dénoncer la libéralisation en cours de leur profession, une « uberisation » qui menace selon eux la qualité de la formation et la sécurité routière.

A Paris, les patrons d’auto-école ont annoncé qu’ils seraient reçus jeudi au ministère de l’Intérieur, en se disant confiants sur le fait d’être entendus par le gouvernement. « Nous sommes très satisfaits de cette mobilisation qui a permis d’enclencher une réaction de l’administration », a déclaré à l’AFP Patrice Bessone, président du CNPA-Education routière.

A l’appel du CNPA et de l’autre principal syndicat du secteur, l’Unidec, entre 100 (selon la police) et 400 (selon le CNPA) véhicules auto-écoles partis de quatre points différents se sont rejoints dans le centre de Paris, au Champ-de-Mars. Les perturbations sur la circulation ont été « limitées », selon la police, avec des files de voitures de manifestants, décorées de ballons et de drapeaux à l’effigie des syndicats, cantonnées sur la voie la plus à droite des grands axes et sous escorte policière.

A Lyon (80 voitures) comme à Toulouse (une centaine), Nantes (70 à 90) et Marseille (une cinquantaine), les véhicules ont convergé vers les préfectures sans créer de perturbations majeures, selon des sources préfectorales. Le CNPA estimait de son côté que quelque 900 véhicules (et 1.500 personnes) avaient participé à la mobilisation, dont environ la moitié à Paris.

Les patrons d’auto-écoles dénoncent la dématérialisation selon eux incontrôlée en cours dans leur secteur depuis la réforme de 2015 permettant aux candidats au permis de conduire de s’inscrire librement sur internet, et l’absence de contrôle des nouvelles plate-formes d’apprentissage en ligne qui ont fleuri avec la libéralisation.

– Répression en vue? –

Ils craignent une fuite massive des candidats au permis de conduire vers des plateformes qui proposent certes souvent des forfaits au départ moins chers, « mais à la qualité incertaine, délivrés rapidement par des formateurs indépendants qui ne sont pas toujours agréés », selon le CNPA et l’Unidec.

Face à cette situation, les auto-écoles demandent au gouvernement que l’inscription au permis de conduire se fasse au moins via une borne en mairie, et non juste en ligne, et un renforcement des contrôles des plateformes d’apprentissage de conduite en ligne.

Jeudi, les patrons d’auto-école seront reçus à 11H00 au ministère de l’Intérieur, « qui nous donnera sa position sur nos revendications », a précisé M. Bessone.

Le ministère a confirmé le rendez-vous, ajoutant être en train d’élaborer « une instruction relative aux opérations de contrôle en matière d’enseignement de la conduite », visant notamment à mieux réprimer l’enseignement pratiqué sans agrément, et donc illégale, et le travail illégal.

Faute d’amendements à la libéralisation du secteur, « on va mettre en péril la formation, et donc la sécurité sur la route, ainsi que l’emploi des 45.000 salariés d’un secteur qui représente un milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel, dont 20% de cotisations qui vont à l’Etat, en plus de 400 millions de TVA », a souligné le secrétaire général de l’Unidec, Jean-Pierre Lemonnier.

Redoutant des « formations à la conduite au rabais » qui vont selon lui à l’encontre de la politique de sécurité routière du gouvernement, M. Lemonnier a par ailleurs souligné que l’auto-école en ligne Permigo, lancée en 2015 et devenue l’un des leaders du secteur en ligne, venait de déposer le bilan, laissant « sur le carreau 9.000 candidats qui avaient payé au moins 700 euros chacun ».

Dans un communiqué, l’auto-école en ligne agréée En Voiture Simone a démenti toute « ubérisation » du secteur, estimant que « le secteur de l’auto-école a un retard considérable dans le numérique » et que la réforme voulue par le gouvernement permettait de mettre les « outils d’aujourd’hui » à la disposition des candidats au permis de conduire.

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