Les programmes de Fillon, Hamon, Le Pen, Macron et Mélenchon pour l’Enseignement supérieur

A 5 jours de l'élection présidentielle, qu’ont prévu les principaux candidats pour l’enseignement supérieur et la recherche ? Revue de programmes.

amphi université

Matej Kastelic-Shutterstock

Financement des universités, conditions de vie des étudiants, recrutement d’enseignantschercheurs, développement de l’alternance : les programmes des principaux candidats à l’élection présidentielle 2017 ont des points communs, mais aussi des divergences.

Jean-Luc Mélenchon : un accès « gratuit » à l’université

Jean-Luc Mélenchon souhaite instaurer une allocation de 800 euros par mois pour les étudiants afin de démocratiser l’université. Dans son programme, il écrit ainsi espérer “permettre à tous d’étudier”.

Jean-Luc Mélenchon en conférence de presse le 6 mars 2017 - © chaîne YouTube Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon en conférence de presse le 6 mars 2017 – © chaîne YouTube Jean-Luc Mélenchon

Le candidat de la France Insoumise souhaite aussi que l’accès à l’université soit gratuit “dès la rentrée 2017”, et “pris en charge par l’Etat” – tout en maintenant les bourses pour les cursus supérieurs à 3 ans d’études. Son “université populaire” sera “ouverte à tous”, et “organisera le lien” entre les chercheurs et la population.

Jean-Luc Mélenchon souhaite aussi donner un cadre national à l’université, en créant “une seule structure, souple et démocratique”. La dualité entre universités et grandes écoles serait en outre remise en cause, puisque ces dernières seraient “associées, avec des moyens octroyés égalisés”.

Dans son programme, Jean-Luc Mélenchon prévoit aussi de “refonder le financement” de l’enseignement supérieur, en investissant 102 milliards d’euros sur 5 ans, et en dégageant 2 milliards pour rénover les universités. Le candidat de la France Insoumise projette en outre de recruter “minimum” 5000 enseignants-chercheurs en 3 ans.

Enfin, Jean-Luc Mélenchon souhaite augmenter de 23 % à 50 % le barème de la taxe d’apprentissage, et supprimer les aides pour l’alternance. Dans EducPros, il indique que “l’alternance ne se limite pas à l’apprentissage, et se pratique aussi dans la voie professionnelle sous statut public”. C’est cette dernière qu’il voudrait “favoriser” en lui accordant plus de moyens, “notamment une plus grande part des ressources de la taxe d’apprentissage”.

© benoithamon

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Benoît Hamon : une licence réformée et un financement de 1 milliard d’euros pour le supérieur

Benoît Hamon, candidat du Parti Socialiste (PS), a pour “premier engagement” d’augmenter le financement de l’enseignement supérieur d’un milliard d’euros. “C’est ainsi que nous pourrons recruter plusieurs milliers de postes”, nous indiquait-il récemment en interview. Les salaires des enseignantschercheurs en début de carrière devraient être augmentés de 15 %, et 7500 emplois en laboratoires et universités devraient être créés.

Le candidat socialiste veut aussi faire de la réussite en licence une priorité, en réformant le premier cycle universitaire. Il projette de “créer des parcours adaptés à la diversité des étudiants pour arriver à une véritable spécialisation progressive au cours du cursus.” A noter qu’il prévoit de supprimer les cours magistraux en amphithéâtres durant la première année de licence, ou tout du moins privilégier les cours en travaux dirigés.

Les étudiants de 18-25 ans devraient obtenir le revenu universel d’existence, ce qui “permettra de conduire la réforme pédagogique en licence qui était difficile à mener avec l’importance du salariat étudiant” – ainsi, les jeunes pourront se consacrer pleinement à leurs études”, note Benoît Hamon.

Parmi les mesures prévues par l’ancien ministre de l’enseignement supérieur, figurent la réhabilitation de 60.000 logements pour les étudiants, et la défense de l’apprentissage pour en faire une filière d’excellence.

Emmanuel Macron / Gouvernement français / Wikimedia / Licence CC

Emmanuel Macron / Gouvernement français / Wikimedia / Licence CC

Emmanuel Macron : la recherche « priorité nationale »

Dans son programme pour l’enseignement supérieur, Emmanuel Macron souhaite donner aux universités une “autonomie réelle”, en permettant de “recruter des enseignantschercheurs ou d’ouvrir de nouveaux masters sans l’aval du ministère”.

Le fondateur du mouvement En Marche prévoit de donner aux universités “la possibilité de déployer librement leur offre de formation”. Il projette aussi de “développer les licences professionnelles en alternance sur les 3 ans”, ainsi que de “nouveaux modèles de gouvernance”.

Emmanuel Macron fera aussi de la recherche “une priorité nationale”. Il soutiendra “la constitution d’universités de niveau mondial, sur la base de regroupements volontaires d’universités et de grandes écoles, avec le soutien des organismes de recherche.” Les partenariats entre les entreprises et la recherche publique seront “développés”.

Le candidat centriste prévoit de “diversifier les sources de financement” des universités, en facilitant les possibilités de création de “filiales universitaires”, les “capacités d’emprunt”, ou encore “les partenariats public-privé”.

Pour créer un “environnement favorable à la réussite de tous les étudiants”, Emmanuel Macron souhaite “renforcer l’offre” de logements qui leurs sont destinés. Il devrait ainsi “mobiliser” les bailleurs sociaux, afin de créer, au sein du parc social, 30.000 “logements jeunes” supplémentaires – et en parallèle, 60.000 logements pour les étudiants.

Parmi les autres mesures prévues, Emmanuel Macron veut “réinstaurer” les “bourses au mérite” pour les étudiants titulaires d’une mention « Très Bien » au Bac. Enfin, il souhaite revaloriser la formation professionnelle, en créant 100.000 “places supplémentaires” dans de nouvelles “filières courtes professionnalisantes”.

7785274996_francois-fillonFrançois Fillon : rendre les universités « autonomes »

Dans son programme, François Fillon veut “préparer les étudiants à l’insertion professionnelle” en créant une “formation de haut niveau”. Pour cela, il souhaite “laisser la liberté” aux universités de créer des “filières d’excellence”, et de définir “elles-mêmes” les règles d’admission en master.

Le candidat des Républicains souhaite aussi “revaloriser” et développer les “formations supérieures professionnalisantes” (BTS, DUT, nouvelles filières à bac +3 “de type bachelor”). Il prévoit “d’augmenter fortement” le nombre de formations “par la voie de l’alternance”, et de développer les bourses au mérite.

Pour “redonner de la fierté et de la liberté” aux enseignantschercheurs, François Fillon compte “revaloriser l’entrée dans la carrière” des maîtres de conférences, alléger les “contraintes statutaires”, “encourager l’internationalisation et la mobilité professionnelle”, et laisser les établissements “choisir leurs enseignantschercheurs”.

En ce qui concerne les établissements, François Fillon souhaite donner aux universités une “autonomie pédagogique et budgétaire”, en leur laissant la liberté de “choisir leur structure, leurs partenaires”, et en “simplifiant le dispositif législatif”. Le candidat de droite veut aussi “augmenter le financement” de l’enseignement supérieur, en recherchant, “outre l’effort de l’Etat”, le “soutien du secteur privé”.

Enfin, concernant la recherche, François Fillant souhaite redonner à l’agence nationale de la recherche (ANR) “les moyens de financer des projets à caractère original et innovant”, et donner “une nouvelle impulsion” aux investissements d’avenir et au “soutien dans la durée” des projets d’excellence. La “fonction de chercheur” devrait être, notamment, revalorisée.

Hénin-Beaumont - Marine Le Pen au Parlement des Invisibles le dimanche 15 avril 2012 / Wikimedia / Licence CC

Hénin-Beaumont – Marine Le Pen au Parlement des Invisibles, 15 avril 2012 / Wikimedia / Licence CC

Marine Le Pen : une « sélection au mérite »

Dans son programme, Marine Le Pen, candidate du Front National, souhaite d’abord “défendre la langue française” à l’université, en abrogeant “les dispositions de la loi Fioraso qui permettent de restreindre l’enseignement en français dans les universités« .

Afin de “passer d’une sélection par l’échec à une sélection au mérite”, Marine Le Pen “refusera” le tirage au sort comme moyen de sélection, “revalorisera” les “bourses au mérite”, et “défendra le modèle d’enseignement supérieur français” en rendant l’université et les grandes écoles “complémentaires”.

Pour “une vraie justice sociale”, la candidate du FN souhaite en outre transférer aux établissements supérieurs d’enseignement général et professionnel “la charge de trouver une offre de stage à chaque étudiant.”

Marine Le Pen prévoit aussi de lancer un “grand plan national” de création de ”filières des métiers d’art”, de créer un “réseau de pépinières d’artistes”, et de “développer massivement l’alternance” (contrats d’apprentissage, contrats de professionnalisation) dans l’artisanat et le secteur public et privé. Enfin, elle souhaite “rendre la formation professionnelle plus efficace, moins opaque et moins coûteuse”.

1 commentaire sur "Les programmes de Fillon, Hamon, Le Pen, Macron et Mélenchon pour l’Enseignement supérieur"

  1. ALMAIDA Jean Pierre  18 avril 2017 à 21 h 21 min

    Enfin, une précision qui m’apparaît intéressante de la part de JLM, mais il n’a pas donné de réponse sur le Handicap, j’aimerais connaître son point de vue sur cette question, car le Handicap n’est pas forcément visible au premier abord et physique, il peut être psychologique et donc peu visible au premier abord. Il faut savoir que ce sont les dix ou quinze premières années d’un individu de son enfance à son adolescence qui détermine le destin de son existence. Or, quand on est exposé à son enfance et durant son adolescence à des violences, disputes familiales, maltraitances coups portés physiquement, et ce fut mon cas jusqu’à mon adolescence, on ne peut qu’être qu’impacté à vie sans un véritable traitement, et en ce qui me concerne, il ne peut qu’être que psychothérapique, un traitement dont je n’ai nullement accès faute de moyens et d’une véritable reconnaissance par une complète prise en charge, si toutefois un véritable soin psychothérapique puisse encore être possible vu que j’ai plus de cinquante ans.Signaler un abus

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