Suspendre un élève, ce n’est pas « hockey » !

Jack Koch

Contrairement au hockey sur glace, la suspension temporaire au collège serait "contre-productive", en décourageant l'élève. Pas vraiment OK !

Suspendre un élève, ce n’est pas « hockey » !

Au hockey sur glace, quand un joueur commet une faute, il peut écoper d’une pénalité, et se rendre sur le banc. Surnommé la « prison », cet espace enclos est situé à l’extérieur du terrain. Le joueur puni y reste de 2 à 10 minutes, et n’est donc pas exclu définitivement, mais temporairement. Une fois sa pénalité « purgée », il retourne ensuite sur la glace. Pendant le temps de la pénalité, il y avait un joueur de moins, donc une chance pour l’équipe adverse de gagner – le joueur puni et ses coéquipiers ont donc été mis en difficulté… Mais ils conservent une chance de se rattraper, puisque la « suspension » n’a duré que quelques minutes.

Au collège et au lycée, un élève commettant une faute lourde est susceptible d’être exclu temporairement, entre 3 et 8 jours. A la différence du le hockey sur glace, cette procédure ne serait pas sans mettre le jeune concerné en difficulté, sur le long terme, sans lui laisser véritablement de chances de se rattraper, selon une enquête de Benjamin Moignard, maître de conférence en sociologie à Paris-Est.

 « Non seulement inefficace, mais aussi contre-productif ».

Publiée en mars 2017 par le conseil scientifique de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), son étude pointe ainsi du doigt l’utilisation abusive de l’exclusion temporaire au collège. Quand l’usage de cette sanction est « routinier » et « massif », et « sans vrai encadrement », celle-ci serait « non seulement inefficace, mais aussi dans certains cas, contre-productif ».

Ainsi, note le sociologue, « plusieurs travaux font la démonstration d’une aggravation du décrochage pour les élèves les plus fragiles, et d’autres rappellent les conséquences négatives en termes de résultats scolaires pour l’ensemble des élèves d’un établissement qui pratique fortement cette sanction ».

Selon Benjamin Moignard, si l’exclusion temporaire est souvent utilisée, c’est parce qu’il s’agit de « la mesure la moins contraignante aujourd’hui pour gérer une réalité complexe ». Mais « peut-on se satisfaire d’une forme de déscolarisation instituée, à une époque où la demande d’école ne se dément pas ? », s’interroge-t-il.

« L’exclusion temporaire ne peut être pertinente et efficace que si elle permet un encadrement éducatif aux élèves. Dans le cas contraire, elle ne fait qu’encourager l’absentéisme et le rejet de l’école par les élèves », conclut le chercheur.

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