Baromètre Enseignement supérieur : des personnels « frustrés » et stressés

Selon le Baromètre EducPros, les personnels de l'enseignement supérieur trouvent de la satisfaction dans leur travail, mais estiment que celui-ci n'est pas reconnu ni payé à sa juste valeur.

amphi université

Matej Kastelic-Shutterstock

Le site EducPros a publié hier l’édition 2017 de son Baromètre de l’Enseignement supérieur(1), qui sonde chaque année le moral des personnels de l’ESR.

Un travail source de satisfaction, mais peu reconnu

Si 75 % des répondants trouvent de la satisfaction dans leur travail, 61 % estiment que celui-ci n’est pas reconnu à sa juste valeur dans l’établissement, et 77 % jugent leur salaire insuffisant en regard de leurs responsabilités. Un état d’esprit que l’on retrouve exactement chez les personnels de l’Education, comme l’a montré récemment le Baromètre 2017 de l’Unsa-Education.

Les personnels de l’Enseignement supérieur pointent également du doigt une vie professionnelle « stressante ». 77 % disent ne pas avoir le temps de mener à bien toutes les missions qui leur sont confiées, 55 % ne peuvent pas garder un équilibre vie professionnelle/vie privée satisfaisant, et 45 % pensent que leur travail a un effet négatif sur leur état de santé. Une situation particulièrement prononcée chez les enseignants-chercheurs. Plus de la moitié estiment ne pas avoir « du tout » le temps de faire leur travail, particulièrement à cause de tâches administratives particulièrement chronophages. Selon EducPros, cette situation rend les personnels « frustrés ».

Une vision de l’avenir peu enthousiaste

Des résultats qui pourraient expliquer la morosité des personnels de l’ESR : selon l’étude, 54 % se sentent « démotivés » dans leur travail et 68 % comptent quitter le monde de l’ESR dans les cinq prochaines années. En outre, 69 % ont une vision peu enthousiaste de l’avenir de leur établissement.

A quelques semaines du premier tour de l’élection présidentielle 2017, les répondants sont encore 42 % à ne pas savoir pour qui ils voteront. Emmanuel Macron et Benoît Hamon arrivent en tête des intentions de vote (15 %), suivis par Jean-Luc Mélenchon (10 %). Votant traditionnellement à gauche (62 % des répondants avaient plébiscité Hollande au second tour en 2012), les personnels de l’enseignement supérieur, déçus par le quinquennat qui s’achève, se retrouvent un peu déboussolés, comme le relève EducPros.

56 % favorables à la sélection à l’entrée de l’université

Alors que la sélection à l’entrée en master a été adoptée, plus de la moitié des répondants plébiscitent une sélection à l’entrée en licence. Si le sujet reste encore tabou, ces résultats sont plutôt cohérents, selon François Sarfati, chercheur au Centre d’études de l’emploi et du travail et conseiller scientifique du baromètre : « C’est moins la volonté de sélectionner des universités que l’incohérence actuelle entre l’obligation qui leur est faite d’accueillir tout le monde et l’absence de moyens nécessaires, qui met aujourd’hui la sélection sur le devant de la scène », explique-t-il à EducPros.

Le prochain Président de la République aura donc fort à faire pour améliorer la situation, d’autant plus qu’une récente enquête indique que pour un Français sur cinq, l’Enseignement supérieur devra faire partie des priorités.

Note(s) :
  • (1) Enquête menée en ligne du 1er février au 8 mars 2017, auprès de 1 540 personnels de l'Enseignement supérieur

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