Guyane : les problèmes à l’école sont « ceux vécus par les instituteurs au XXe siècle »

La Guyane est en grève depuis le 17 mars. Ce mouvement social d'importance demande 2,5 milliards d'euros au gouvernement français. "Irréaliste" pour Bernard Cazeneuve.

La Guyane est paralysée par un mouvement social qui prend de l'ampleur, et qui touche plusieurs secteurs d'activités © dailymotion / franceinfo

La Guyane est paralysée par un mouvement social qui prend de l’ampleur, et qui touche plusieurs secteurs d’activités © dailymotion / franceinfo

La Guyane est en état de grève depuis le 17 mars. Dans ce mouvement social d’importance pour protester contre les conditions sanitaires, les difficultés économiques et professionnelles (22% de chômage en 2015) et l’insécurité (42 homicides en 2016), le SNUipp (Syndicat national unitaire des instituteurs professeurs des écoles et Pegc) et la FSU (Fédération Syndicale Unitaire) Guyane ont appelé les enseignants à se joindre au mouvement le lundi 27 mars.

Samedi 1er avril, la ministre des Outre-Mer, Ericka Bareigts, et le ministre de l’Intérieur, Matthias Fekl, avaient annoncé un plan de 1,085 milliard d’euros d’engagements de l’État en Guyane. Une somme insuffisante pour régler les problèmes de santé et d’éducation selon les manifestants, relate Le Figaro : « Nous exigeons 2,5 milliards d’euros tout de suite », explique Olivier Goudet, porte-parole des «500 frères contre la délinquance», un des mouvements principaux de cette grève.

« Un montant irréaliste » pour Bernard Cazeneuve

Un montant jugé « irréaliste » par le Premier ministre Bernard Cazeneuve : « Il serait (…) aisé de céder à la facilité et de promettre des mesures et des aides financières d’un montant irréaliste puis d’en laisser la charge et la responsabilité à un autre gouvernement. Ce n’est pas la conception que nous avons de la responsabilité dans la République ».

Pour Jean-Michel Blanquer, recteur de Guyane entre 2004 et 2006, les problèmes d’éducation dans le département se résument à « ce que vivaient les instituteurs du XXe siècle » :  « des lieux reculés où le français n’était pas la langue des enfants et où certaines familles plaçaient tous leurs espoirs dans l’école, tandis que d’autres n’en voyaient pas l’intérêt. Mais le climat et la latitude étaient différents », explique-t-il dans Le Figaro.

Un concours exceptionnel demandé

Les mesures demandées par le SNUipp sont : un plan de constructions scolaires bio climatiques (10 collèges, 5 lycées et 500 classes), la scolarisation de tous les jeunes de 3 à 18 ans, la restauration scolaire et le transport gratuits pour tous les élèves, l’enseignement systématique des langues maternelles, le doublement immédiat du nombre de postes d’Intervenants Langue Maternelle (ILM), le rattrapage du retard en personnels pour encadrer les élèves (3 500 adultes de plus pour atteindre la moyenne nationale), des mesures visant à rendre le département attractif comme un concours exceptionnel (à l’instar de celui de l’académie de Créteil) et le désenclavement des communes isolées par un réel accès au logement et aux services publics pour tous.

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