Présidentielle: qu’attendent les électeurs?

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L’Agence France-Presse va à la rencontre d’électeurs pour leur demander quelles sont leurs priorités en vue de la présidentielle.

Voici le sixième et dernier volet de cette série de courts témoignages accompagnés d’une photo de chacun des Français interrogés posant avec sa carte d’électeur. Les déclarations et photos sont réunies dans un module interactif, disponible sur le site www.afpforum.com (section « graphiques », puis sous-section « infographies interactives » en haut à droite de la page).

Qu’attendez-vous en priorité du prochain président de la République?

– « Qu’il garantisse la paix » –

Colette Marie, 78 ans, retraitée après avoir exploité une ferme laitière, mariée, un enfant, domiciliée à Saint-Sever-Calvados (Calvados): « Qu’il garantisse la paix, qu’il évite la guerre, parce qu’on l’a quand même connue! Qu’il nous fasse une France propre… comme avant. On n’est plus Français, on n’est plus maîtres de rien… Hollande a ouvert les portes à tout le monde. La guerre me fait peur. Si le prochain président ne s’arrange pas avec Merkel, les Etats-Unis ou Poutine, on ne sait pas ce qui peut se passer. J’ai surtout peur d’une révolution. On peut se retrouver sans argent, comme en Grèce. Les gens manifestent pour un oui, pour un non. En ville, les manifestations dégénèrent. Ce que je veux, c’est un homme qui soit capable de tenir le pouvoir, de diriger la France. »

– Régler « le problème du chômage des jeunes » –

Abdesselam Melhaf, 45 ans, gardien d’immeubles HLM à Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis): « Ma priorité est qu’on règle le problème du chômage des jeunes et aussi qu’on améliore le pouvoir d’achat. Ceux qui travaillent n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Si on arrive à créer de l’emploi, on pourra régler d’autres problèmes, grâce aux rentrées de cotisations: remplir les caisses de retraite, boucher le trou de la Sécurité sociale. On aura aussi moins d’insécurité, car si on donne du travail aux jeunes, il y aura moins de violence dans les cités, ils seront pas là à traîner. Le fait d’avoir un travail ça responsabilise. »

– Poser « la question du temps de travail » –

Carole Filaire, 37 ans, demandeuse d’emploi depuis un an et demi en tant que cadre dans le secteur social, domiciliée à Pantin (Seine-Saint-Denis): « Qu’il s’attaque à la question du temps de travail, pour pouvoir mieux concilier vie privée, vie professionnelle et vie citoyenne. En n’étant pas employée pendant plusieurs mois, j’ai pu m’investir dans différents projets associatifs, qui nourrissent autant ma vie de citoyenne que ma vie professionnelle. Mais ils seront difficiles à mener avec des horaires de cadre. Beaucoup de gens n’ont pas d’autres activités que leur travail et leurs horaires sont si intenses qu’ils en tombent malades. C’est un problème de santé publique. Si chacun pouvait davantage gérer son temps, ce serait bénéfique pour la société. Mais se poser la question du temps de travail nécessite aussi de réfléchir à la rémunération, d’où l’intérêt de la proposition d’un revenu universel. »

– Revaloriser la profession d’enseignant –

Béatrice Lespinasse, 57 ans, enseignante en écoles maternelles et élémentaires, mariée, mère de trois enfants et domiciliée à Droyes (Haute-Marne): « Une meilleure considération de la profession et une revalorisation de salaire. L’enseignante, maintenant, c’est un peu tout : l’assistante sociale, la maman, l’éducatrice… Quand est-ce qu’on fait notre métier? On gère de la difficulté globale, pas de la difficulté scolaire. Il faut reconstruire les réseaux d’aide en matière de décrochage scolaire. Normalement, ils sont composés d’enseignants en médiation pédagogique, de rééducateurs et de psychologue, mais ici je suis un peu seule et dans le département il n’y a presque plus de formation spécialisée. Il faudrait développer de réels partenariats car l’école ne peut pas exister toute seule. Si on veut que les jeunes s’en sortent, nous devons leur donner une autre image de l’avenir. »

– « Garant » de l’accord sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie –

Paul Fizin, 34 ans, professeur d’histoire, géographie et d’enseignement moral au lycée public du Mont-Doré, en périphérie de Nouméa, célibataire, sans enfant, domicilié à Nouméa: « Qu’il soit le garant de l’Accord de Nouméa (1998), qui organise la décolonisation progressive de la Nouvelle-Calédonie. Qu’il aide à trouver un statut original si le non à l’indépendance l’emporte à l’issue des trois référendums d’autodétermination prévus entre 2018 et 2022. Nous devons construire ensemble un pays garantissant un bon niveau d’éducation, de couverture de santé et de solidarité, sur la base de nos acquis depuis trente ans en Nouvelle-Calédonie. Face à la marginalisation d’une partie de la jeunesse kanak, j’attends aussi du président, et plus largement de l’Etat, qu’il nous aide à élaborer des solutions innovantes, inspirées des pays du Pacifique mais pas calquées sur celles de la Métropole ».

– « Qu’il mette fin à l’austérité » –

Fanny Fleury, 37 ans, professeur certifiée de français en collège à Paris, mariée, deux enfants, domiciliée à Paris: « Qu’il mette fin à l’austérité et cesse de faire porter les efforts toujours sur les mêmes. Qu’il se souvienne que la France est malgré tout un pays riche et qu’il redistribue la richesse là où c’est nécessaire. Au lieu de se focaliser sur le remboursement de la dette, qu’il donne la priorité à l’acquisition de savoirs fondamentaux à l’école, à la formation d’une jeunesse qui a perdu ses repères de base ou encore à l’accompagnement éducatif des familles. Certaines sont dépassées et se reposent trop sur les professeurs. Mon métier change: je suis davantage une éducatrice qu’une professeur de français. L’éducation, comme la santé, la sécurité ou la protection de la planète, représentent bien plus des priorités que de rendre des comptes aux banquiers. »

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