Mouvement social en Guyane: Cazeneuve décide d’envoyer une mission interministérielle

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Le Premier ministre Bernard Cazeneuve a décidé vendredi d’envoyer en Guyane « une mission interministérielle de haut niveau », alors que le territoire ultramarin est touché depuis plusieurs jours par un mouvement de grogne sociale d’ampleur.

« Afin de nouer un dialogue constructif et apaisé, le Premier ministre a décidé d’envoyer sans délai en Guyane une mission interministérielle de haut niveau », indique Matignon dans un communiqué.

Cette mission partira dès samedi et sera conduite par Jean-François Cordet, conseiller maître à la Cour des comptes et ancien préfet de Guyane, précise le communiqué. Elle sera composée de plusieurs hauts fonctionnaires issus de différents ministères, dont Michel Yahiel, commissaire général de France Stratégie et ex-conseiller social de François Hollande.

La ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, leur remettra leur lettre de mission samedi matin, a indiqué son entourage.

« Le Premier ministre appelle l’ensemble des forces politiques, économiques et sociales de la Guyane à se saisir de cette initiative pour construire ensemble l’avenir de ce territoire », poursuit Matignon.

La situation sociale en Guyane a notamment conduit Arianespace à ajourner le lancement d’une fusée et le rectorat à fermer les établissements scolaires jusqu’à nouvel ordre.

Ericka Bareigts avait appelé jeudi à la levée des barrages et proposé des discussions à Paris autour de l’économie, de la santé et de la sécurité, principaux sujets de revendication, afin de « traiter sans délai les problèmes immédiats » et « finaliser » le Pacte pour l’avenir de la Guyane, promis par François Hollande en 2013 mais toujours pas signé.

Mais en Guyane, les manifestants, qui organisent des barrages bloquants depuis lundi, avaient « fait part de leur refus d’une négociation sur Paris ». Et les députés et sénateurs de Guyane, qui avaient demandé mercredi un plan Marshall, avaient jugé « inconcevable de demander aux manifestants de (…) lever les blocages pour venir s’entretenir avec les cabinets ministériels dans les bureaux parisiens ».

De son côté, François Fillon a jugé dans un communiqué que « cette situation est la conséquence de l’échec de la politique de François Hollande et de son gouvernement qui depuis 5 ans ont multiplié les promesses sans aucun résultat ».

« Le prochain quinquennat doit être celui de la restauration l’autorité de l’Etat afin de lutter vraiment contre l’insécurité, la délinquance et l’immigration clandestine qui minent la Guyane », a-t-il jugé.

Dans un communiqué, publié peu avant l’annonce de la mission interministérielle, Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, a appelé l’Etat à « tenir ses engagements et mobiliser les moyens nécessaires » face à ce mouvement social qui « porte sur des enjeux essentiels, notamment en terme de développement économique et d’emploi, de santé, d’éducation et de sécurité ».

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