Banlieues: L’Etat lance un plan pour renforcer l’éducation à Grigny

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Dépêcher plus d’enseignants, scolariser les plus petits, soutenir la transition des collégiens vers le lycée: l’Etat a lancé mardi un plan pour renforcer l’éducation à Grigny (Essonne), une des villes les plus pauvres et les plus jeunes de France.

Ce « grand projet éducatif » doit permettre aux enfants de cette commune, où 90% de la population vit en zone de sécurité prioritaire (ZSP), de réussir « là où la loi du quartier semble parfois contredire la loi de la République », a expliqué la préfète de l’Essonne, Josiane Chevalier, lors de la signature de ce plan entre l’Education nationale, la municipalité et différents partenaires.

Cette ville de 30.000 habitants, où 30% de la population a moins de 25 ans et seulement 25% des lycéens obtiennent leur baccalauréat, incarnait un « apartheid social et territorial », selon l’ancien Premier ministre Manuel Valls, qui a ordonné un plan pour la redresser à l’horizon 2030. Les nouvelles mesures éducatives s’inscrivent dans cet effort.

Dès la rentrée 2017, Grigny recevra 20 postes de fonctionnaires supplémentaires pour encadrer les 6.500 écoliers et collégiens de la ville, a assuré le recteur de l’académie de Versailles (Yvelines), Daniel Filatre. Des enseignants en majorité, notamment dédiés à l’encadrement et au soutien scolaire, mais aussi un psychologue, une infirmière scolaire et une assistante sociale dédiés aux collégiens.

Ces effectifs représentent un investissement de 1,3 million d’euros par an de l’Education nationale.

Trois classes pour les moins de trois ans doivent également être créées en septembre. Un enjeu essentiel pour socialiser les plus petits, dans une ville où la part des enfants qui ne parlent pas français oscille entre 38 et 64% selon les écoles, a-t-il souligné.

Enseignements dédiés aux arts, à l’éducation aux médias, ou aux sciences et techniques: les trois collèges de la ville vont aussi proposer chacun une spécialisation, pour diversifier l’éducation des élèves et mieux les orienter.

Pour lutter contre le décrochage scolaire, une « classe passerelle » doit être créée. Objectif: suivre des élèves motivés mais fragiles de la classe de quatrième à celle de seconde, pour réussir la transition entre collège et lycée.

La ville doit enfin se doter de 270.000 euros d’équipements, et va notamment ouvrir un « médiapôle » pour faciliter l’apprentissage du numérique.

« Tout ceci n’est possible que si la problématique relative aux finances communales est résolue », a prévenu le maire communiste de Grigny, Philippe Rio. La ville accuse chaque année un trou de deux millions d’euros car elle doit scolariser deux fois plus d’enfants qu’une commune de taille comparable.

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