Fonction publique: l’engagement de servir des grandes écoles renforcé (ministre)

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L’ENA, Polytechnique, les Mines, Normale Sup…: les élèves des grandes écoles dont le cursus est financé par l’Etat en échange d’un engagement de dix ans dans la fonction publique seront bientôt tous logés à la même enseigne, a annoncé jeudi la ministre de la Fonction publique.

Un « arbitrage a été rendu en ce sens par le président de la République et le Premier ministre », a précisé Annick Girardin lors d’une rencontre avec la presse. Le décret d’application devrait être publié d’ici mai.

« Quand on s’engage dans ces écoles c’est bien pour servir la fonction publique. L’ENA n’est pas là pour former les entreprises du privé », a insisté Mme Girardin.

Selon la ministre, les élèves des grandes écoles continueront à devoir à l’Etat un engagement de dix ans de service dans la fonction publique et pourront prendre une disponibilité au bout de quatre ans, comme auparavant. Mais la durée de cette disponibilité ne pourra désormais excéder quatre ans, contre dix ans auparavant.

Cette décision a été accueillie « avec quelques réserves de la part de certains ministères concernés, notamment Bercy », a précisé à l’AFP une source proche du dossier.

« On peut faire un aller-retour de quatre ans dans le privé mais seulement au bout de quatre années d’exercice », a expliqué la ministre. « Au bout de quatre ans dans le privé, soit on revient finir ses dix ans dans le public soit on reste dans le privé et alors on paie tout de suite la pantoufle », ce qui pouvait jusqu’ici se faire beaucoup plus tard.

La « pantoufle » est une indemnité de départ précoce que les élèves des grandes écoles peuvent payer lorsqu’ils décident de quitter la fonction publique avant la fin de leur engagement, pour rembourser leur cursus financé par l’Etat.

La formation à l’Ecole nationale d’administration (ENA) coûte 83.000 euros par an et par élève sur un cursus de 24 mois. En 2016, 89 élèves sont entrés à l’ENA ainsi que 33 étudiants étrangers.

Si moins de 5% des anciens élèves de l’ENA exercent des responsabilités politiques, 22% travaillent ou ont travaillé en entreprise, notamment dans le secteur privé, au cours de leur carrière. Et 8% ont quitté définitivement le secteur public, selon une étude de l’EHESS de 2014, réalisée en collaboration avec le centre de recherche de l’ENA.

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