Deux ans de prison avec sursis pour un éducateur religieux jugé pour agression sexuelle

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Un éducateur religieux marseillais a été condamné mercredi à deux ans de prison avec sursis pour une agression sexuelle commise en mars 2012 sur une de ses élèves âgée de 15 ans, lors d’un cours de conversion à la religion juive.

Le tribunal correctionnel de Marseille a interdit toute activité professionnelle pour une durée de dix ans à Jojo Ohayon, vendeur de textiles âgé de 49 ans et bénévole en contact avec des mineurs, et a ordonné un suivi socio-judiciaire durant quatre ans afin de prévenir tout risque de récidive.

La procureure Audrey Martin avait requis une peine de trois ans de prison avec sursis. « Tout ce que la victime a dit et a décrit a pu être vérifié point par point », a-t-elle expliqué, soulignant qu’il n’existait « aucun bénéfice secondaire » pouvant laisser penser à une éventuelle fausse accusation.

Selon la jeune fille, le « rabbin » l’avait invitée à s’asseoir sur ses genoux, après lui avoir demandé s’il lui avait manqué. L’enseignant lui avait alors caressé les hanches, la poitrine, cherchant à glisser sa main sous son t-shirt et son pantalon. Lui tenant la mâchoire, il avait ensuite tenté de l’embrasser, avait rapporté la jeune plaignante.

Le prévenu, qui assure être reconnu comme rabbin par le tribunal rabbinique de Jérusalem, s’est, à l’audience, présenté comme victime d’un complot, d’une « manipulation exercée par un tiers pour des raisons obscures ».

« Elle ne dit pas la vérité, s’est défendu Jojo Ohayon assurant que « tout ce qu’elle raconte n’est qu’affabulation ».

Il a expliqué au tribunal que celle-ci « a déballé tout cela parce que j’avais découvert qu’elle avait un petit copain » alors que les règles édictées pour cet enseignement en vue d’une conversion exclut toute relation amoureuse.

Lors de l’enquête, une autre jeune fille, qui ne souhaitait pas déposer plainte afin de ne pas être embêtée dans son processus de conversion, avait volé à la rescousse de la victime « car elle [était] traitée de folle par la clameur publique ».

Cette jeune fille avait décrit une agression identique commise un an plus tôt mais le tribunal a relaxé M. Ohayon pour ces faits. A la barre, la partie civile, aujourd’hui une jeune femme de vingt ans, a maintenu ses accusations ce qui, selon son avocate Me Virginie Sapazian, lui avait valu d’être « insultée, montrée du doigt et exclue de sa communauté ».

Homme parfaitement inséré, M. Ohayon est décrit comme « bienfaiteur de sa communauté » dans le centre de Marseille où il exerce. « Il n’est pas le menteur patenté et l’agresseur sexuel décrit par l’accusation », selon son défenseur, Me Benjamin Liautaud qui avait plaidé sa relaxe.

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