Un adolescent radicalisé jugé pour avoir tenté d’assassiner un enseignant juif

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Le procès d’un adolescent radicalisé, accusé d’avoir tenté d’assassiner un enseignant juif à à la machette à Marseille début 2016 s’est ouvert mercredi à huis clos devant le tribunal pour enfants de Paris.

C’est la première attaque à caractère jihadiste commise ces dernières années sur le sol français à être jugée et la première fois qu’un tribunal pour enfants juge en matière criminelle terroriste.

Depuis plus d’un an qu’il est en détention, l’adolescent a pris conscience de la gravité de son geste, « et il regrette énormément », a déclaré à la presse son avocat, Me Merabi Murgulia. Son évolution est « flagrante », « impressionnante, dans le sens positif », a ajouté l’avocat, et il compte présenter ses excuses à la victime lors du procès.

Regrets et excuses attendus par l’enseignant Benjamin Amsellem, et qui représentent pour lui une « étape importante pour pouvoir aller de l’avant et retrouver une vie normale ».

Poursuivi pour tentative d’assassinat, aggravée en raison de l’appartenance de la victime à une religion déterminée et en relation avec une entreprise terroriste, l’adolescent risque jusqu’à 20 ans de prison.

Âgé de 15 ans au moment des faits, le jeune homme, un Turc d’origine kurde – une communauté dont des milices combattent le groupe Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak – avait dit avoir agi « au nom d’Allah » et vouloir « +planter+ les juifs et les policiers », qualifiés de « mécréants ».

Il s’était aussi réclamé de l’EI, tout en assurant en garde à vue avoir agi seul. Le groupe jihadiste lance des appels à ses partisans pour des passages à l’acte isolés dans des pays qu’il considère ennemis, comme la France.

Benjamin Amsellem, professeur dans une école confessionnelle, avait été agressé en pleine rue le 11 janvier 2016. Il avait réussi à se défendre en parant les coups avec la Torah qu’il tenait à la main, et n’a souffert que de blessures légères.

Le président du consistoire local avait conseillé de s’abstenir de porter la kippa dans la rue, par sécurité, ce qui avait suscité une vive polémique.

Le procès doit se tenir jusqu’à jeudi, et la décision du tribunal devrait être rendue en fin de journée.

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