Création d’une association oeuvrant pour la reconnaissance de la médecine traditionnelle chinoise

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Donner un cadre légal à la médecine chinoise en France, comme c’est déjà le cas dans nombre de pays européens: c’est l’objectif d’une nouvelle association, qui pousse à l’adoption d’une proposition de loi en ce sens.

La médecine traditionnelle chinoise (MTC) reste largement pratiquée sans cadre légal mais « nous avons bon espoir qu’elle soit reconnue et légalisée, même s’il faut vaincre des résistances », a expliqué mercredi lors d’un point de presse Georges Jacob, président de la DIRMéCh (Délégation pour l’intégration et la reconnaissance de la médecine chinoise), qui sera officiellement lancée le 9 mars à Lyon.

Aujourd’hui, « en France, seuls les médecins, les sages-femmes et les dentistes formés à cette pratique sont autorisés à pratiquer l’acupuncture », l’une des disciplines de la MTC, qui comporte bien d’autres volets, a fait valoir M. Jacob.

L’association espère faire reprendre ses thèses dans une proposition de loi qui pourrait être présentée au Sénat en 2018. Elle se prévaut notamment de l’appui du sénateur (LR) du Rhône Michel Forissier, membre de la commission des Affaires sociales.

Le Pr Jean-Louis Touraine (député PS du Rhône), secrétaire de la commission des Affaires sociales et le sénateur-maire de Lyon Gérard Collomb, président des Hospices civils de Lyon et grand avocat du resserrement des liens avec la Chine, « sont aussi avec nous », assure M. Jacob.

« Notre objectif est d’encadrer les praticiens, normaliser les formations et accompagner les usagers », poursuit-il.

A ce jour, « le chiffre d’affaires global des consultations en MTC en France atteint 350 millions d’euros par an; il existe des centaines de praticiens non médecins. Ils risquent des poursuites pour exercice illégal de la médecine », relève Morgane Hanechi, déléguée générale de la DIRMéCh.

« Pas encadrés, ces praticiens peuvent être plus ou moins fiables », reconnaît-elle.

Un Français sur cinq aurait recours à la MTC, « complémentaire de la médecine occidentale et centrée sur la prévention ».

De même, « il existe environ 150 écoles, plus ou moins sérieuses ».

Les enseignements « vont de 160 heures – par exemple pour les internes en médecine générale qui le souhaitent – à 4.000 heures. Il faut absolument normaliser les formations », insiste Mme Hanechi.

La DIRMéCh, composée de bénévoles, se présente comme fédérant 80% des professionnels de la MTC et unissant 90% de leurs organisations nationales.

De nombreux pays européens reconnaissent la MTC et un grand hôpital de médecine traditionnelle chinoise ouvrira même ses portes en 2019 à Barcelone.

Au côté de l’acupuncture, existent en médecine chinoise les massages traditionnels Tui Na, la gymnastique thérapeutique Qi Gong, la diététique chinoise et le recours aux plantes médicinales chinoises.

La Chinoise Youyou Tu a été co-lauréate en 2015 du prix Nobel de médecine pour sa découverte d’une thérapie contre le paludisme inspirée par la MTC.

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