Mobilisation contre les violences policières: 22 personnes interpellées à Paris et en banlieue

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Vingt-deux personnes ont été interpellées mardi à Paris et en banlieue, notamment pour jets de projectiles et dégradations, lors d’une nouvelle journée de mobilisation des lycéens contre les violences policières, selon des sources policières.

Sept personnes ont été interpellées à Paris, dix à Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, quatre à Gennevilliers et une à Clichy dans les Hauts-de-Seine. Un jeune de 16 ans a été interpellé pour avoir lancé un projectile sur la proviseure d’un établissement du IXe arrondissement, légèrement blessée.

La ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem a condamné « fermement la violence dont a été victime ce matin la proviseure du lycée Jules-Ferry à Paris », dans un communiqué.

Le premier syndicat des proviseurs, le SNPDEN-Unsa, a de son côté condamné « le climat de violence des blocages des lycées », déplorant qu’il y ait eu deux personnels de direction blessés en moins d’une semaine.

Selon les autorités, quinze établissements étaient perturbés mardi en milieu de journée, dont onze à Paris. Deux établissements étaient touchés dans les Hauts-de-Seine, un dans le Val-de-Marne et un autre en Seine-Saint-Denis.

Des poubelles ont été incendiées devant plusieurs établissements parisiens, selon une autre source policière.

En fin de matinée, plusieurs centaines de jeunes dont certains étaient masqués, se sont rassemblés sur le Cours de Vincennes sous forte surveillance policière, ont constaté des journalistes de l’AFP. Brandissant des banderoles « Flics armés, jeunesse blessée » ou « Pas de justice, pas de paix », ils sont ensuite partis par petits groupes dans les rues de la capitale.

– ‘On perd en crédibilité’ –

Scandant « A bas l’Etat policier », « Justice pour Théo, on ne veut pas d’une police de facho » ou encore « Justice pour Adama, on ne veut pas d’une police made in USA », ils ont notamment dégradé sur leur passage une voiture et dérobé des livraisons de supermarché.

« D’un côté, j’ai la haine envers la police, mais d’un autre côté, on ne peut pas manifester contre les violences policières en étant nous-mêmes violents. On perd en crédibilité », a expliqué l’un des manifestants, Marius, 16 ans.

Zied, 16 ans, lycée à François-Villon, a pour sa part regretté le caractère « sauvage » de la manifestation. « On ne peut pas revendiquer nos convictions de cette manière », a estimé l’adolescent qui compte désormais s' »organiser avec les syndicats lycéens, en assemblée générale ».

Jeudi dernier, un rassemblement des lycéens contre les violences policières et en « vengeance pour Théo » avait donné lieu à des heurts avec les forces de l’ordre à Paris, débouchant sur 28 interpellations.

Le 2 février, Théo, un jeune homme noir de 22 ans, a été victime d’un viol présumé au cours d’une interpellation à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Quatre policiers ont été mis en examen dans cette affaire, dont l’un pour viol.

« L’émotion soulevée dans la jeunesse par l’affaire Théo ne saurait en aucun cas justifier les violences, débordements et blocages inacceptables qui se sont produits devant certains lycées », a averti Mme Vallaud-Belkacem dans son communiqué. « L’Etat sera particulièrement ferme, comme l’ont montré les interpellations d’hier (lundi). »

Seize adolescents ont été placés en garde à vue lundi, à la suite d’incidents dans plusieurs lycées des Hauts-de-Seine, dont l’un était bloqué. Sur Paris et les trois départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Val-de-Marne et Seine-Saint-Denis), un total de 31 personnes ont été interpellées lundi.

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