L’enseignement de l’économie au lycée en débat, en attendant des propositions

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L’Académie des sciences morales et politiques (ASMP) a estimé lundi qu’on pouvait améliorer l’enseignement des sciences économiques et sociales (SES) au lycée, sans rendre encore publiques ses propositions.

Le président de l’académie, l’ancien PDG de la banque BNP Paribas Michel Pébereau, a indiqué que l’académie réservait ses propositions pour son audition par une commission du Conseil national éducation-économie (CNEE) et du Conseil supérieur des programmes CSP).

Le CNEE et le CSP doivent remettre fin mars-début avril un avis à la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem sur « les thématiques, les concepts et les mécanismes jugés incontournables au regard des objectifs » de l’enseignement de SES, qui englobe, outre l’économie, la sociologie et les sciences politiques.

L’ASMP, rattachée à l’Institut de France, a organisé deux colloques sur l’enseignement des SES au lycée, sujet qui oppose depuis des années professeurs et chefs d’entreprise, se soupçonnant mutuellement de biais idéologiques.

Il y a eu d’abord un colloque de « diagnostic » fin janvier, s’appuyant sur la lecture critique des manuels scolaires effectuée à sa demande par six économistes internationaux. L’académie avait déjà entrepris cette démarche en 2008, influençant les programmes de 2010, toujours en vigueur.

Beaucoup d’acteurs s’accordent à dire que les programmes de SES pèchent par leur encyclopédisme. Mais chacun est demandeur d’un ajout: risque, efficacité, optimisation, comptabilité…

Lundi, un deuxième colloque a porté sur ce qui pouvait être fait pour enseigner l’économie autrement: les études de cas ou les jeux participatifs ont notamment été présentés comme des modalités d’enseignement plus susceptibles de motiver les élèves que les cours magistraux.

Yann Coatanlem, président du think tank Praxis, a lui défendu l’importance de l’enseignement de l’entreprise à travers l’étude de ses comptes.

Des professeurs de SES présents ont eux souligné qu’ils pratiquaient déjà l’enseignement à travers l’étude de cas ou le jeu.

Il ne faut pas perdre de vue les conditions d’enseignement de la discipline: 90 minutes par semaine avec des élèves de quinze ans en seconde, a relevé Erwan Le Nader, président de l’Association des professeurs de sciences économiques et sociales (Apses).

« Au terme de ces présentations et ces discussions, je crois qu’il est difficile de ne pas conclure qu’il est souhaitable et possible d’améliorer l’enseignement de la science économique dans le cadre des sciences économiques et sociales », a conclu George de Menil, qui a organisé les deux colloques.

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