Des profs britanniques s’équipent de caméras pour surveiller les élèves perturbateurs

Deux écoles britanniques testent des BodyCam, des caméras de surveillance à porter sur soi, en classe. Objectif : dissuader les “éléments perturbateurs” de perturber le cours.

Throwawaysixtynine / Wikimedia / Licence CC

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Depuis deux mois, deux écoles britanniques, dont les noms n’ont pas été révélés, utilisent des BodyCam en classe. Ces caméras de surveillance portatives, que l’on fixe sur le corps, sont habituellement utilisées par les agents de police.

Selon le Telegraph, le but de cette expérimentation est de permettre aux enseignants “d’éviter le désordre” en cours, en “contrôlant le comportement” des élèvesAfin de lutter contre les “éléments perturbateurs” d’une classe, la BodyCam fait office d’outil dissuasif.

Si le prof « perçoit une menace », il filme

Selon Tom Ellis, professeur de justice pénale à l’Université de Portsmouth et ancien membre du Home Office (ministère de l’Intérieur britannique), les élèves sont “verbalement informés, avant que l’enseignant n’allume la caméra”. Dans un coin de la salle de cours, les images sont diffusées sur un écran, “pour que les élèves n’oublient pas qu’ils sont filmés”.

Contrairement à de vraies caméras de surveillance, les BodyCam ne sont pas allumées en permanence, mais si l’enseignant “perçoit une menace” et appuie sur le bouton “enregistrer”, les images peuvent être sauvegardées pour un usage ultérieur, sur une plateforme en ligne.

Des enseignants « transformés en espions »

“Les professeurs peuvent choisir de filmer uniquement quand c’est nécessaire, proportionné et légitime”, explique Tom Ellis au Guardian. “La plupart des écoles connaissent des problèmes de désordre de faible intensité dans les salles de classe, et les enseignants ont fini par en avoir assez de ne pas pouvoir enseigner correctement”, indique-t-il encore.  Les “tests” devraient durer trois mois. Selon Tom Ellis, les parents ont été informés, et acceptent le programme.

Ce genre d’expérience n’est pas sans inquiéter les défenseurs de la vie privée, comme le collectif Big Brother Watch. Daniel Nesbitt, son directeur de recherche, estime que “c’est une réponse disproportionnée à un problème d’un autre âge. Ces écoles doivent être très prudentes par rapport à la façon dont elles utilisent cette technologie intrusive, qui risque de transformer les enseignants en espions”.

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