Sélection en master: le conseil d’administration de l’université de Franche-Comté « séquestré » (procureur)

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Dix-huit personnes ont été placées en garde à vue pour avoir « séquestré » mardi à Besançon les membres du conseil d’administration de l’université de Franche-Comté, afin de protester contre la sélection en master, a indiqué le parquet.

Vers 14H30, un groupe d’étudiants, dont certains avaient « le visage masqué avec une photo du président de l’université », est « entré de force » dans la salle du conseil d’administration de l’université, a déclaré à l’AFP la procureure de la République, Edwige Roux-Morizot.

Ils ont « séquestré » pendant à peu près deux heures la dizaine de membres du conseil d’administration (CA) présents en bloquant la sortie avec des chaises, selon la magistrate, la préfecture du Doubs et la présidence de l’université.

Face à leur refus de sortir de la pièce, « la police a donné l’assaut » et la scène à été filmée, a précisé Mme Roux-Morizot. Dix-huit personnes au total ont été interpellées lors de cette « intervention agitée », puis placées en garde à vue pour « séquestration », et « rébellion » pour deux d’entre elles.

D’après la procureure, un homme a été légèrement blessé à la main en essayant de bloquer le passage aux étudiants qui ont « dégradé du matériel ».

Lors d’une conférence de presse, le président de l’université, Jacques Bahi, a dénoncé des « violences psychologiques et physiques », et annoncé qu’il déposerait plainte et que le conseil de discipline serait saisi.

Les étudiants ont pour leur part indiqué à la presse qu’ils avaient mené un mouvement « pacifique » et une occupation « symbolique ».

Dans un communiqué, l’AMEB (l’Association multiculturelle des étudiants de Besançon) – Solidaires Etudiant-e-s a expliqué qu’il s’agissait d’empêcher « la tenue du conseil d’administration qui devait avaliser la sélection en master ».

La loi permettant une sélection à l’entrée du master dès la rentrée 2017 a été promulguée le 23 décembre, à la suite d’un compromis conclu le 4 octobre entre organisations étudiantes, enseignants et personnels, et établissements d’enseignement supérieur.

« À l’université de Franche-Comté, la sélection se fera sur dossier et selon des capacités d’accueil prédéfinies pour chaque master », regrette l’association qui fustige « un processus de libéralisation de l’enseignement supérieur ».

L’association étudiante dénonce « une compétition renforcée entre les étudiants » et une « hiérarchisation croissante entre les masters »

Dans la soirée, près de 70 étudiants, selon la police, se sont rassemblés devant le commissariat de Besançon, dans le calme, en soutien aux personnes placées en garde à vue.

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