Enquête sur le moral des personnels de direction dans l’Éducation nationale

Une étude en cours menée par Georges Fotinos et José Mario Horenstein vise à mieux connaître le mal être et le mal compris ressentis par les personnels de direction ainsi qu'à proposer des pistes d'action.

Georges Fotinos exclusion scolaire étude

Georges Fotinos, ancien inspecteur général de l’Education nationale, expert en climat scolaire

Une enquête (pour y répondre contact : etudes@vitruvian-consulting.com) sur le moral des PERDIR (les personnels de direction) est conduite par Georges Fotinos, docteur en géographie et ancien inspecteur d’académie, spécialiste des questions sur le climat scolaire, chargé de mission d’inspection générale en collaboration avec José Mario Horenstein, médecin psychiatre, spécialiste de l’Éducation nationale. Cette étude est parrainée par la CASDEN et a deux objectifs : mieux connaître la situation de « mal être » et le « mal compris » ressentis par les personnels de direction et proposer des pistes d’action.

« La réussite de la refondation de l’école de la République »

Le moral en berne conduit en effet à des dommages collatéraux comme des problèmes de santé. Dans une précédente étude, déjà réalisée par Georges Fotinos et José Mario Horenstein, « de nombreux inspecteurs de l’Éducation nationale apparaissent aujourd’hui en souffrance morale, physique et psychologique ». Le moral était ainsi « mauvais » chez 65% des IEN. Un quart sont en « épuisement professionnel » et 96% expriment « un sentiment de stress de plus en plus fréquent ». En 2011, Fotinos et Horenstein faisaient état du fait « que 28% des enseignants veulent quitter l’enseignement » dans une enquête réalisée auprès de 400 lycées et plus de 2000 personnels de l’Éducation nationale.

Cette toute nouvelle enquête arrive « au moment où se dessine, peut-être, à court terme, une évolution [des missions des personnels de direction] et où la réussite de la refondation de l’école de la République dépend en bonne partie [d’eux] », expliquent les auteurs. « Nous pensons que cette étude peut apporter des éclairages pertinents pour le devenir du corps des personnels de direction ainsi que sur le mode de fonctionnement présent et à venir de nos lycées et collèges », ajoutent-ils.

11 commentaires sur "Enquête sur le moral des personnels de direction dans l’Éducation nationale"

  1. Marie-Paule  17 février 2017 à 13 h 37 min

    Les personnels de direction sont rémunérés (surement pas assez) en fonction de leurs obligations de service, en plus d’être logés et de profiter des autres avantages « en nature » de la profession. Et je veux bien croire qu’il peut y avoir de la souffrance pour certains, mais quand prendra t-on aussi à bras le corps le mal-être des enseignants qui souffrent aussi des pressions diverses et variées qui s’exercent sur eux, pour preuve le doublement des démissions en 3 ans.
    La mode du management de type entrepreneurial a surement beaucoup abîmés les uns et les autres créant des tensions et des ambiances délétères dans les établissements, en plus de la méfiance des familles, du manque de reconnaissance du public, des difficultés à mettre en place dans la précipitation des réformes mal préparées, des difficultés à s’approprier les nouvelles technologies avec un matériel aussitôt livré aussitôt obsolète, bref des conditions de travail en général qui se dégradent.
    C’est à tous les échelons qu’il faut s’inquiéter de la santé des personnels de l’Éducation nationale qui sur le terrain font pourtant toujours preuve de beaucoup d’implication et de conviction (pour la plupart du moins) malgré les difficultés.Signaler un abus

    Répondre
  2. MA  19 février 2017 à 18 h 57 min

    Je pense que le problème n’est pas de savoir qui souffre le plus mais d’essayer de comprendre l’autre pour lui rendre la tache plus facile et lui éviter ce sentiment d’être le mal loti de notre institution. Je suis nouveau dans la fonction de personnel de direction et cela après 25 ans, en tant qu’enseignant, dans un collège ZEP-> RAR-> ECLAIR et enfin REP+. J’ai connu d’excellents moments et d’autres moins glorieux. Et pendant très longtemps j’ai mené « le combat  » dans la salle des profs pour contrer « la direction » responsable, selon moi à l’époque, de tous les problèmes de l’établissement, avant de comprendre plus tard qu’il fallait plutôt TRAVAILLER avec « la direction » pour s’entraider et construire ensemble. Aujourd’hui je vis les difficultés de cette « direction » et je découvre chaque jour les réponses aux questions que je me posais en tant que prof. Tous cela pour dire que les conditions de travail sont compliquées pour tous, parfois amplifiées les maladresses, les erreurs et les incompréhensions des uns et des autres et pourtant, la majorité d’entre nous cherche à faire son travail dans les meilleurs conditions sans y laisser une partie de sa santé.
    Par ailleurs, j’ai travaillé pendant une dizaine d’années en tant que professeur supplémentaire en intervenant dans les écoles primaires du réseaux. J’ai pu voir les difficultés rencontrées par ces collègues. Il est vrai qu’ils n’ont peut-être pas autant de responsabilités et pas autant de choses à gérer, néanmoins ils souffrent du manque de moyens et de reconnaissance.Signaler un abus

    Répondre
  3. Roger merle  21 février 2017 à 0 h 28 min

    Les personnels de direction d’ecole sont tres correctement remuneres pour les responsabilites qu’ils exercent. Ces plaintes sont donc peu fondees et ne sont pas dignes d’un fonctionnaire.
    On ne peut passer son temps a gemir de la sorte .Il y a du travail certes . Toutefois les 70 heures evoquees par un commentaire sont exagerees.
    Vous ne pouvez pas demander des efforts a vos eleves et passer tant de temps entre plaintes et gemissements.
    Vous avez des vacances plus que bien des travailleurs en france aujourd’hui et ces privileges vous font perdre le sens des realites.
    D’autres part vous avez passe les concours en connaissance de cause
    Oui il y a du travail pour un personnel de direction!
    Il y a donc autre chose a faire que gemir sur son sort. Ces burn out sont des vues de l’esprit inventes par des psychologues pour excuser l’imcompetence.
    Aussi ,il est etonnant que des directeurs d’ecole reclament du petit personnel pour leurs photocopies et leurs appels telephoniques
    Un peu de simplicite !
    On fait ses photocopies soit meme et on repond au telephone.Signaler un abus

    Répondre
  4. Jan Vanier  21 février 2017 à 13 h 19 min

    Dans l’enseignement supérieur il n’y a pas un tel hiatus entre « direction » et enseignants : pour pouvoir prendre des décisions il faut également être enseignant.
    Je ne dis pas que c’est plus simple et que cela résout tous les problèmes.
    Une chose est certaine par contre, c’est plus motivant.
    Comparez la prise de décision :
    1) quand elle n’engage que les autres (les enseignants)
    2) quand elle vous engage aussi (parce que vous avez des étudiants en responsabilité)Signaler un abus

    Répondre
  5. Stéphane  22 février 2017 à 7 h 39 min

    Le métier de personnel de direction en E.P.L.E (et non en école primaire où le directeur d’école n’a pas les mêmes obligations) est très complexe tant dans les tâches multiples et variées à accomplir que dans le management. Dire que nous sommes bien payés et remettre en cause les heures faîtes est assez malhonnête intellectuellement. D’autant que le chef d’établissement est soumis à 5 semaines de congés dans l’année et doit 55 heures hebdomadaires au moins.

    Cependant, la profession n’est pas homogène. Il n’existe pas un type unique mais bien plusieurs situations. Est-ce la même chose de diriger un établissement en Réseau d’Éducation Prioritaire qu’en zone urbaine privilégiée ? Est-ce la même pénibilité ? Et pourquoi ne pas vouloir entendre les problèmes des autres ?

    Le métier est d’une technicité peu commune et nécessite de grandes qualifications. Il est aussi un métier de décisions qui ont des impacts forts sur la communauté éducative et sur la vie des élèves. N’oubliez pas que l’école est un des rares endroits où les valeurs de notre République essaient de vivre et d’exister au delà des grandes promesses mais dans les faits et non dans le blabla politicien. Prendre en considération les pénibilités de chacun permet de mieux comprendre l’univers professionnel dans lequel nous vivons.

    Travailler ensemble, dans le respect de chacun pour la réussite de tous n’est pas une sinécure. Alors écoutons, observons, comprenons-nous et surtout avançons ensemble vers l’avenir. Alors oui, il est important de permettre à tous de s’exprimer !Signaler un abus

    Répondre

Partagez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée .

Captcha *

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.

Recherche dans les archives

Vous