Mort de Claude Geffré, grand théologien du dialogue interreligieux

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Le prêtre catholique Claude Geffré, grand théologien de l’après-concile Vatican II et du dialogue interreligieux, est mort jeudi à l’âge de 91 ans, a-t-on appris auprès du Service national pour les relations avec les musulmans (SNRM) de l’Eglise de France.

Né le 23 janvier 1926 à Niort, docteur en théologie, ce frère prêcheur a accompli une importante carrière académique aux facultés du Saulchoir – dépendant de son ordre dominicain -, à l’Institut catholique de Paris, enfin à l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem.

Expert en herméneutique, la théorie de l’interprétation des textes, Claude Geffré s’était aussi investi dans une théologie du pluralisme religieux. Il avait cofondé en 1977 le Groupe de recherches islamo-chrétiennes (GRIC), en compagnie d’universitaires chrétiens et musulmans des deux rives de la Méditerranée soucieux comme lui de « rompre avec un dialogue de sourds ».

« Je puis adhérer dans la foi au message de ma tradition religieuse, tout en reconnaissant que ma vérité n’est ni exclusive, ni même inclusive de tout autre vérité d’ordre religieux », pouvait-on lire sous sa plume dans « Le christianisme comme religion de l’Evangile », recueil de textes paru aux éditions du Cerf en 2012.

Pour le père Vincent Feroldi, directeur du SNRM à la Conférence des évêques de France, l’approche de Claude Geffré « n’a pas fini de porter des fruits et de nous faire bouger dans notre recherche sur la question du pluralisme religieux ».

« Ses fulgurances théologiques ont parfois interrogé, en particulier quand il abordait la question des Ecritures des différentes traditions. Elles n’en reflétaient pas moins une quête passionnée de ce mystère de l’alliance entre Dieu et l’humanité plurielle », écrit ce responsable dans un hommage publié sur le site internet du SNRM.

Sa théologie audacieuse, qui pouvait être jugée relativiste dans certains milieux catholiques, n’a pas toujours suscité un grand enthousiasme à Rome. En 2007, la Congrégation pour l’Education catholique n’avait pas donné son feu vert au choix de la faculté de théologie de Kinshasa de le nommer docteur honoris causa pour l’ensemble de son oeuvre.

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