RASED : un impact négatif sur les élèves (étude)

Les Réseaux d'aide spécialisée aux élèves en difficulté (RASED) auraient un impact négatif sur les apprentissages des élèves, selon une étude de l'Iredu.

Fotolia / © Zlatan Durakovic

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Créés pour répondre aux difficultés d’apprentissage et d’ »adaptation aux exigences scolaires » de certains élèves en primaire, les RASED ne rempliraient pas cette mission, selon une étude de l’Iredu, présentée fin janvier, et citée par l’AEF. Ce serait même le contraire : d’après Claire Bonnard, Céline Sauvageot et Jean-François Giret, les auteurs de l’étude, les RASED auraient un impact négatif sur certains apprentissages.

Un impact négatif « surtout auprès des moins faibles »

Pour en arriver à ces conclusions, les auteurs de l’étude ont évalué le niveau de 9 000 élèves du CP à la 5e, selon 3 critères : leurs « compétences sociales », leurs résultats à l’évaluation de CP, et leur maîtrise du langage. Ils ont ainsi pu constater que chez les élèves présentant des « caractéristiques comparables », ceux passés par les RASED redoublaient davantage que les autres.

En effet, si les élèves issus de RASED présentent une progression similaire aux autres en français, en mathématiques, l’impact des RASED « est fortement négatif, surtout auprès des moins faibles ».

Favoriser les aides « au sein de la classe »

Pour les auteurs de l’étude, le fait de regrouper des élèves « de faible niveau » pourrait créer un environnement pédagogique moins favorable, « avec des enseignants moins exigeants, des interactions entre élèves moins riches », dont pâtiraient les élèves les moins en difficulté. Ils pointent également du doigt les répercussions négatives « sur l’estime de soi » et la « stigmatisation » vis-à-vis des enseignants que pourraient provoquer le dispositif. De plus, soulignent-ils, « le fait de sortir l’élève de la classe […] ne fait-il pas perdre des apprentissages à l’élève qui ne les compense pas ? ».

Pour contrer ces effets négatifs, les auteurs proposent, entre autres, de « favoriser les aides au sein même de la classe« , en s’inspirant par exemple de la literacy hour britannique.

Déjà inquiétés par le peu de créations de postes et, plus récemment, par le projet de réforme de la formation des enseignants spécialisés, les RASED risquent d’être, une fois de plus, mis à mal par les résultats de cette étude.

13 commentaires sur "RASED : un impact négatif sur les élèves (étude)"

  1. Boivineau  7 février 2017 à 18 h 18 min

    Génial d’aller dns le sens des politiciens … pour récupérer des postes et surtout faire des économies ! Comment comparer ce qui est incomparable ….Signaler un abus

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  2. Karine Sallaud  7 février 2017 à 20 h 52 min

    la co-intervention des RASED dans les classes, ça fait belle lurette que ça se pratique. Encore des personnes qui font de grands rapports sans avoir jamais mis les pieds dans une classe. Signaler un abus

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  3. Baco  8 février 2017 à 15 h 30 min

    Décryptage : si les élèves issus de RASED présentent une progression similaire aux autres en français, en mathématiques, l’impact des RASED « est fortement négatif, surtout auprès des moins faibles ». Premièrement, un élève n’est jamais « issu » de RASED, cela ne veut rien dire… l’élève est d’une classe et le reste même s’il est aidé par le RASED. Deuxièmement, les élèves aidés par le RASED suivent une progression similaire aux autres élèves en français car… ils ont été aidés dans cette manière par le RASED, mais ils sont plus faibles en mathématiques car le RASED n’a que très rarement le temps d’aider en maths… La proposition était donc bonne, mais il faut remettre les causes et les conséquences à leur place pour qu’elle reflète la réalité… Le reste de l’article est à l’avenant… Par exemple, les élèves qui redoublent sont aidés en priorité par les RASED… mais… ils étaient déjà redoublants avant l’intervention du RASED. Cet article est un ramassis de contre-vérités ….Signaler un abus

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  4. Françoise BALLAY  8 février 2017 à 17 h 46 min

    qui veut tuer son chien l’accuse de la rageSignaler un abus

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  5. Titouboisse  8 février 2017 à 21 h 25 min

    Tout à fait d’accord avec Baco : les auteurs de cet étude ne connaissent certainement rien à la spécificité du travail des personnels spécialisés des RASED, qui n’a jamais été de faire rattraper des apprentissages à des élèves rencontrant de grandes difficultés au sein de la classe. Il s’agit d’abord de permettre à ces élèves de comprendre ce qu’ils font en classe, dans leur travail scolaire, de les aider à donner du sens à leurs apprentissages et à ce qu’ils font à l’école, de les réconcilier avec l’école et avec le fait d’apprendre, de créer ou re-créer une dynamique d’apprentissage dans laquelle ils ne sont plus ou n’ont jamais été, ayant souvent baissé les bras depuis longtemps face à des savoirs et des apprentissages dont ils se sentent assez souvent exclus parce que les percevant comme inaccessibles pour eux. Les auteurs de cette étude sont certainement des gens qui n’ont jamais fait l’expérience de se sentir exclu de l’accès à un savoir ou à un apprentissage donc qui ne savent pas combien cela peut être douloureux pour celui qui se trouve dans cette situation ; ces gens ont aussi sans doute la chance d’avoir eu les codes de l’école avant d’y entrer, les codes culturels de cette école si sélective, et d’être dans une connivence scolaire que beaucoup des élèves qui rencontrent des difficultés à l’école n’ont pas. Quand on ne sait pas de quoi on parle, il vaut mieux se taire. Et surtout, il faut arrêter de vouloir justifier des économies budgétaires en lisant des statistiques à l’envers : tout le monde sait depuis longtemps que les statistiques, on peut leur faire dire ce qu’on veut !Signaler un abus

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