Les marches exploratoires de femmes étendues à tous les quartiers prioritaires

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Les marches exploratoires vont être généralisées à tous les quartiers prioritaires, a annoncé jeudi la secrétaire d’État à la Ville, lors d’une journée consacrée à ce dispositif qui permet aux femmes de se réapproprier leur quartier, de proposer des améliorations et de sortir de l’isolement.

« Il y a une unanimité sur l’intérêt de ces marches, on va les élargir à toutes les villes », a déclaré Hélène Geoffroy, espérant que « les femmes, les associations et les élus volontaires se les approprient ».

Via le contrat de ville, qui formalise les engagements de l’État et des collectivités pour les quartiers +politique de la ville+, les projets pourront désormais être encadrés et financés dans les 1.500 quartiers prioritaires.

Nées au Canada, ces marches ont été expérimentées de 2014 à 2016, en coordination avec France médiation, à Amiens, Avignon, Arcueil, Bastia, Bordeaux, Creil, Lille, Mons-en-Baroeul, Montreuil, Paris, Rennes et Saint-Etienne. Plus de 150 femmes y ont pris part.

Le principe est simple: organiser trois marches d’une dizaine de femmes à différents moments (matin, fin de journée et soir) selon un parcours défini grâce à une cartographie sociale, pour pouvoir « diagnostiquer l’environnement urbain », redonner « l’expression citoyenne des femmes » et aider à la « réappropriation de l’espace public ».

Manque d’éclairage dans le quartier, stationnements sauvages, halls squattés, jet de détritus par les fenêtres… Les problèmes sont ensuite restitués aux élus et bailleurs dans le but d’obtenir des solutions.

Avec des victoires: ici l’ajout d’éclairage, là une friche qui va devenir un jardin partagé, ailleurs un préau pour les mamans qui devaient patienter 30 minutes entre la sortie de leurs enfants des écoles maternelle et élémentaire.

« Les marches exploratoires sont l’occasion de dire que c’est nous qui décidons », dit à l’AFP Najia, qui a participé à quatre marches à Bordeaux. « On est les premières actrices du quartier, ce ne sont pas les élus qui vivent dedans. »

Cette mère au foyer était excédée de voir que « les hommes se sont progressivement approprié le quartier ». Aujourd’hui, elle est « fière » d’avoir réussi à améliorer le vivre ensemble et tissé du lien.

« On a réussi à donner un espace de parole et une place dans la vie citoyenne à des personnes qui peuvent être effacées. On a vu les transformations, les sourires. A Creil, deux femmes ont retrouvé un emploi », ajoute Sophie Latour, directrice de l’association Interm’aide qui a coordonné les marches dans cette ville de l’Oise.

Saluant un dispositif « utile pour les gens, utile pour les femmes », la ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol, a fait valoir qu’il posait « la question de la place des femmes dans l’espace public et du besoin de mixité » et concernait « toute la société ».

Selon une étude menée en 2014 par le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, une femme sur trois dit ressentir un sentiment d’insécurité dans son quartier en zone urbaine sensible (Zus), contre une sur cinq hors Zus.

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