« Théorie du genre » : peine alourdie en appel pour Farida Belghoul

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La cour d’appel d’Orléans a alourdi lundi la peine infligée à Farida Belghoul, fondatrice du mouvement Journée de retrait de l’école (JRE) en lui imposant notamment une amende de 8.000 euros pour complicité de diffamation à l’encontre d’une institutrice de maternelle.

Lors de l’audience en appel le 5 décembre dernier, le parquet s’était borné à réclamer la confirmation de la peine prononcée en première instance, à 5.000 euros d’amende.

La fondatrice de JRE, opposé à la « théorie du genre », avait diffusé en mars 2014 sur YouTube un document mettant en cause une institutrice de classe maternelle à Joué-les-Tours, une commune populaire de la banlieue de Tours.

Mme Belghoul et une mère de famille, mise en scène dans la vidéo litigieuse et poursuivie pour diffamation, ont été condamnées en appel à payer solidairement 15.000 euros de dommages et intérêts à l’institutrice, à l’indemniser pour ses frais d’avocat à hauteur de 3.000 euros, et à faire publier à leurs frais le jugement dans les quotidiens Le Monde, Le Figaro et dans l’édition d’Indre-et-Loire du quotidien régional La Nouvelle République.

La mère de famille impliquée, Mme Dalila Hassan, qui partage le combat de Mme Belghoul contre « l’enseignement de la théorie du genre », a vu cependant réduite en appel sa peine d’amende de 4.000 à 2.000 euros.

En mars 2014, sur fond de polémique autour du mariage homosexuel et du programme scolaire expérimental ABCD sur l’égalité entre hommes et femmes, la mère d’origine tchétchène d’un petit garçon de trois ans avait rapporté des propos de son enfant selon lequel sa maîtresse l’avait déculotté, ainsi qu’une petite fille de la classe, afin qu’ils échangent des caresses sexuelles et des « bisous ».

Alertée, la correspondante locale de JRE, Mme Hassan, avait contacté le 28 mars 2014 Mme Belghoul, qui s’était présentée dès le lendemain devant l’école. Une vidéo, mise le soir même sur YouTube, accusait l’institutrice de faire l’apologie de la théorie du genre.

Celle-ci avait porté plainte avec constitution de partie civile pour diffamation envers un fonctionnaire public.

« L’arme des réseaux sociaux, c’est l’arme des lâches », avait dénoncé l’avocat général Jean-Dominique Trippier devant les juges d’appel, en rappelant que l’enquête sur les allégations de la mère de famille avait révélé « d’abord du sable, et à la fin… du vent ».

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