Le Concours national de la résistance cherche un second souffle

56 ans après sa création, le CNRD reste essentiel pour perpétuer la mémoire de la résistance et de la déportation. Peinant à recruter des élèves, il essaie de se relancer.

Musée de la résistance et de la déportation en Ardèche

Musée de la résistance et de la déportation en Ardèche

Depuis sa création il y a 56 ans par l’ancien ministre de l’Education Lucien Paye, sous l’impulsion d’associations d’anciens résistants et déportés, près d’un million et demi d’élèves ont participé au Concours national de la résistance et de la déportation (CNRD).

Cette année, il aborde le thème de « La négation de l’Homme dans l’univers concentrationnaire nazi ». Le 23 mars, des élèves volontaires de 3e, seconde, première et terminale réaliseront ainsi un travail (individuel ou collectif) sur le sujet. La remise des prix (locaux) aura lieu en mai 2017.

« Un concours qui peine à recruter des candidats »

Mais s’il a attiré jusqu’à 60.000 élèves volontaires dans les années 1990-2000, le CNRD serait « en perte de vitesse » depuis 2008, et peinerait à « recruter » des candidats, notamment en 3e – selon Le Figaro.

Selon le quotidien, « l’érosion des candidats volontaires » se serait même « accélérée » en 2012, avec les nouveaux programmes de 3e, la mise en place du nouveau brevet, la « multiplicité des commémorations » (du centenaire de la Grande Guerre à la mémoire de l’esclavage), et « l’augmentation des sollicitations » des enseignants d’histoire « sur des sujets liés à la citoyenneté notamment ».

Dans certaines académies, peu d’établissements seraient impliqués chaque année – en fait, il s’agirait souvent des mêmes, avec des enseignants « fidèles et bénévoles », et de moins en moins de « témoins » de la Seconde guerre mondiale susceptibles d’intervenir dans les classes.

Un concours simplifié et rénové en 2016

Selon un rapport de mission de l’Education nationale datant de 2015, « le concours, reposant généralement dans chaque département sur le dynamisme d’une petite équipe militante, est relativement fragile ».

L'entrée du camp d'Auschwitz-Birkenau / Licence CC / Wikimedia / Dnalor 01

L’entrée du camp d’Auschwitz-Birkenau / Licence CC / Wikimedia / Dnalor 01

Pour relancer le concours et toucher plus d’établissements, le CNRD a été rénové en 2016, suite à ce rapport. « Il est ouvert à un plus grand nombre d’élèves et d’établissements, et les modalités de participation au concours ont été simplifiées. Le pilotage national et territorial du concours évolue également, avec l’implication du recteur d’académie au cœur du dispositif et l’intégration de nouveaux partenaires afin de lui donner une plus grande visibilité et de valoriser davantage le travail des élèves », note la Fondation de la Résistance sur son site.

Parmi les partenaires du CNRD, on compte l’APHG (association des profs d’histoire-géo), la Fondation de la Résistance, la Fondation pour la mémoire de la déportation, la Fondation pour la mémoire de la Shoah, mais aussi le Musée de la Résistance nationale, l’INA (Institut National Audiovisuel) et les Archives Nationales.

Perpétuer la mémoire

La rénovation du concours portera-t-elle ses fruits ? 40.000 collégiens et lycéens participent chaque année en moyenne au CNRD, qui demeure un concours très important pour « perpétuer chez les jeunes la mémoire de la Résistance et de la déportation, afin de leur permettre de s’en inspirer et d’en tirer des leçons ».

Le CNRD suscite même des vocations. En 2009, nous avions interrogé Paul Burlet, ancien résistant, qui nous avait expliqué que « les élèves qui participent au concours peuvent trouver la question tellement intéressante qu’ils continuent leurs études en histoire, allant parfois jusqu’à un Capes ou un doctorat, devenant professeurs à leur tour ». Dans tous les cas, remarquait-il, le CNRD « permet au moins de pérenniser la mémoire en direction des jeunes. »

D’autres élèves restent profondément marqués. C’est par exemple le cas d’Ahmed Dramé, dont la classe a passé le concours en 2008. Bouleversé par cette expérience, et particulièrement par sa rencontre avec Léon Zyguel, ancien déporté, le jeune homme en a fait un film, sorti fin 2014, Les Héritiers

Le film « YOLI »,  interprété par les élèves du collège Christiane Perceret à Semur-en-Auxois, a reçu le 1er prix du jury départemental (Académie de Dijon) du CNRD en 2016.

Pour aider les participants au concours, le site du Réseau Canopé propose des axes de réflexion sur le sujet de l’année, ainsi que les archives des ressources proposées pour les éditions précédentes du concours.

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