Grammaire: le Conseil supérieur des programmes explique le prédicat, objet d’une polémique

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Trois semaines après le début d’une polémique sur l’introduction du prédicat à l’école, le Conseil supérieur des programmes (CSP) s’est expliqué mardi sur ce concept qui, selon lui, « remplit un vide », sans simplifier pour autant la grammaire.

Le prédicat, qui désigne ce que l’on dit du sujet, est une notion enseignée depuis longtemps au Québec, familière des professeurs de langues anciennes en France et enseignée à l’université. Mais elle peut dérouter une partie des professeurs et des parents qui ont appris la grammaire avec d’autres termes.

Il a été intégré dans les programmes scolaires entrés en vigueur à la rentrée 2016. Si ces textes sont publics depuis l’automne 2015, la polémique sur le prédicat n’a démarré qu’en janvier 2017, déclenchée par le blog d’une enseignante sur le site du magazine Télérama, qui décrivait une formation sur l’étude de la langue.

Les réseaux sociaux puis plusieurs journaux se sont fait l’écho d’une supposée disparition des traditionnels COD et COI (compléments d’objets directs et indirects), qui mettrait en péril l’apprentissage de l’accord du participe passé. Le CSP a été accusé de niveler par le bas et de complexifier l’enseignement de la grammaire.

François Fillon, candidat des Républicains à la présidentielle, a fustigé « un nouveau symbole de la dérive de l’enseignement qui depuis des années s’éloigne du bon sens et de la vie réelle ». Le Snalc, syndicat d’enseignants minoritaire au langage habituellement châtié, a, lui, dénoncé « l’imbécillité de l’introduction de cette notion universitaire dans des programmes scolaires ».

Le président du CSP, Michel Lussault, s’est d’abord défendu sur Twitter. Mardi, le Conseil a expliqué plus longuement dans un communiqué « les raisons qui l’ont conduit à proposer quelques évolutions dans l’étude de la langue française ».

« Le conseil n’a procédé à aucune simplification de la grammaire, dont les règles et principes restent inchangés. Il a en revanche souhaité modifier les modalités d’enseignement aux élèves de cette grammaire pour le rendre plus efficace et améliorer les apprentissages. »

Il a ainsi « accordé la priorité à l’apprentissage de ce qui est régulier, fréquent et essentiel au cycle 3 (CM1, CM2, 6e) » pour que « l’élève dispose de termes généraux permettant de décrire et analyser la phrase simple, avant d’entrer dans le détail ».

Le prédicat « ne se substitue pas aux compléments du verbe » qui continuent d’être étudiés, souligne-t-il.

Le prédicat désigne « la fonction du groupe verbal », explique par ailleurs une institutrice dont le blog « Charivari » est très suivi dans la communauté éducative. Dans la phrase « Le petit garçon chante une comptine », « le petit garçon » est le sujet et « chante une comptine » le prédicat, explique-t-elle.

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