Des centaines de manifestants pour défendre les lycées ZEP à Paris et Marseille

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Des centaines de lycéens et de professeurs ont à nouveau manifesté jeudi à Paris et Marseille pour demander la pérennisation des moyens supplémentaires destinés aux lycées de l’éducation prioritaire.

Ils étaient 500 selon une source policière, un millier selon les organisateurs, à battre le pavé dans la capitale. Plusieurs brandissaient des pancartes « Non à l’éducation en batterie », « Face à la misère, nous sommes prioritaires », ou encore « la ZEP se fait zapper ».

Le cortège parisien, en ce neuvième jour de mobilisation, parti de la place de la Sorbonne, a marché jusqu’au ministère de l’Éducation Nationale, où la ministre Najat Vallaud-Belkacem présentait ses voeux à la presse. Les professeurs, largement majoritaires, et quelques élèves, étaient venus de plusieurs académies.

« Nous sommes montés à Paris pour donner une dimension nationale au mouvement. Ce n’est pas le moment de lâcher, il faut continuer à se faire entendre », a déclaré Camille Jullian, professeur à Marseille.

Les enseignants craignent de perdre les moyens supplémentaires alloués aux établissements en éducation prioritaire (qui accueillent des enfants de milieux défavorisés) et de voir disparaître des dispositifs pour attirer les enseignants dans ces lycées peu demandés.

« Grâce aux moyens que nous avons, les classes ont 25 élèves. Cela nous a permis d’avoir de très bons résultats au bac! Alors pourquoi tout gâcher? », regrette Emmanuel Perrin, professeur d’histoire-géo au lycée André Malraux à Montataire (Oise).

A Marseille, où « un plan d’urgence » est demandé par les grévistes, le cortège composé de 300 manifestés a défilé sur l’avenue du Prado. Karima et Ismaël, en terminale L au lycée Saint-Exupéry, un établissement des quartiers Nord, figure de proue du mouvement, aimeraient « avoir une réponse rapidement » de la ministre. « Ca fait deux semaines qu’on n’a pas cours et le bac approche », s’inquiètent-ils.

La ministre rétorque que les actuels lycées de l’éducation prioritaire « ne perdent rien » et qu’une nouvelle cartographie des établissements récipiendaires de moyens supplémentaires sera établie si le parti socialiste remporte la présidentielle. En attendant les primes des profs et leurs points pour mutation ont été prolongés jusqu’en 2019.

Le ministère de l’Education a remis à plat l’éducation prioritaire en 2014 et 2015, en allouant des moyens supplémentaires à une liste mise à jour d’établissements. Mais cette politique s’est focalisée sur les écoles et les collèges, provoquant la colère des lycées, qui estiment être les grands oubliés de cette réforme.

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