Seine-et-Marne: prison avec sursis requise contre une enseignante et sa directrice pour maltraitances

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De deux à quatre mois de prison ont été requis lundi par le tribunal correctionnel de Meaux contre une institutrice et une directrice d’école maternelle de Seine-et-Marne, accusées de violences contre trois enfants.

Quatre mois de prison assortis d’un an d’interdiction d’exercer ont été requis contre l’institutrice, 41 ans. Elle est accusée d’avoir commis des violences physiques et psychologiques sur trois enfants, de novembre 2015 à février 2016.

Deux mois ont été requis contre la directrice de l’établissement, 47 ans, poursuivie pour violences contre un de ses trois enfants. Elle est accusée de l’avoir suspendu par les pieds devant la classe, alors que le petit venait de faire une « crise de colère », selon le témoignage d’une ATSEM (agent territorial spécialisé des écoles maternelles) qui a signalé ces violences, également dénoncées, pour une partie d’entre elles, par une autre enseignante.

L’institutrice mise en cause est accusée d’avoir à plusieurs reprises traîné au sol cet enfant, décrit comme « agité », par ses parents, les personnels de l’école ou les psychologues. Il lui est également reproché de l’avoir isolé des autres élèves, de l’avoir privé de récréations ou de goûters.

L’institutrice est aussi accusée d’avoir traité de « nulle » une autre enfant qui souffre d’un retard mental, ou de « bébé » un troisième, en cherchant à « l’humilier ».

A la barre, les deux prévenues ont nié les faits. L’institutrice a seulement reconnu avoir fait « glisser sur le sol » un des enfants, lors de ses crises de colère. « C’était la façon la plus simple de le ramener dans la classe plutôt que de le porter au risque de le faire tomber », a-t-elle dit, en défendant vigoureusement son travail d’institutrice « consciencieuse », effectué « avec amour ».

Mais pour la procureure de la République, la « main » de l’instituteur a été « trop brutale, trop excessive ». Évoquant notamment l’enfant traîné au sol, elle a regretté dans son réquisitoire qu’il soit « traité comme un perturbateur qu’il faut mater, et non comme un enfant en souffrance qu’il faut aider ».

« Mes clientes n’ont commis aucune faute », a rétorqué Me Henri Gerphagnon, qui a dit sa fierté de défendre « deux hussards de la République ». Pour lui, l’ATSEM qui a dénoncé les violences « ment ». Travaillant depuis peu avec l’institutrice mise en cause, les deux avaient des divergences pédagogiques. L’institutrice lui confiait moins de responsabilités, estimant, comme elle l’a redit à la barre, qu’elle n’était « pas capable de gérer un groupe ». L’ATSEM « lui en veut de ne pas l’avoir reconnue, de ne pas lui avoir donné sa place », a dit l’avocat dans sa plaidoirie, demandant la relaxe pour les deux prévenues.

La décision a été mise en délibéré au 13 mars.

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