Une fondation veut sortir de l’ombre les orphelins, population méconnue

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Il y aurait jusqu’à un orphelin par classe en moyenne, mais la situation de ces enfants est largement méconnue. Une étude de l’IFOP présentée jeudi évalue les conséquences du deuil sur leur scolarité et de nombreux aspects de leur vie.

Cette étude pour la fondation Ocirp, dévoilée à l’occasion d’un colloque au Conseil économique et social (Cese) à Paris, a été réalisée auprès de 1.083 enfants et jeunes (essentiellement de moins de 25 ans) ayant perdu au moins un parent au cours de leur scolarité. 940 enseignants ont également été interrogés, du 15 février au 4 juillet 2016.

77% des élèves orphelins font état d’un impact négatif sur leur scolarité: problèmes de concentration, de mémorisation, difficultés pour faire leurs devoirs.

84% estiment aussi que le décès a eu un effet sur leurs relations familiales.

Parmi les plus de 15 ans, 49% relèvent par ailleurs un effet sur leur santé, 46% disent qu’il a eu un impact sur leur orientation, et 43% sur leur choix de métier.

Du côté des enseignants, 62% pensent ne pas avoir la formation adéquate pour prendre en compte cette situation. 85% plébiscitent l’idée d’un guide de « bonnes pratiques » pour appréhender une telle situation dans leur classe et 80% souhaiteraient des sessions de formation. 51% sont pour l’ouverture d’un espace de parole pour les élèves vulnérables.

Les orphelins ne font l’objet que de rares statistiques et études sociologiques, étant souvent catégorisés dans les familles monoparentales, sans différence avec les enfants de parents séparés, souligne Emmanuelle Enfrein, responsable de la fondation Ocirp. « Très peu d’études ont exploré les particularités du vécu de ces enfants. »

Cette fondation soutient des projets en faveur des orphelins et veut faire connaître ces enfants « invisibles de la société, oubliés de la recherche », explique-t-elle à l’AFP.

L’Institut national d’études démographiques (Ined) a estimé qu’il y avait 800.000 orphelins de moins de 25 ans en France, dont 500.000 de moins de 21 ans (3% de cette tranche d’âge), dans une étude de 2003 basée sur le recensement de 1999.

La plupart ont perdu un seul parent, trois fois sur quatre leur père. La majorité vit dans une famille monoparentale ou recomposée.

L’Ined doit actualiser ces chiffres dans une nouvelle étude : les premiers résultats sont attendus cette année, selon Mme Enfrein.

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