Dans l’espace, Thomas Pesquet mène des expériences pour faire avancer la médecine

A bord de l'ISS, l’astronaute Thomas Pesquet réalise à mi-temps des expériences pour l'Inserm. Les retombées s'annoncent grandes pour la recherche médicale.

Duplexe avec Thomas Pesquet, dans l'ISS, à l'Académie des Sciences, 6/12/17.

Duplex avec Thomas Pesquet, dans l’ISS, à l’Académie des Sciences, 6/12/17 / Capture YouTube

Mardi 6 décembre 2016. Deux semaines après avoir entamé sa mission « Proxima » [ qui durera 6 mois, et durant laquelle il effectuera différentes recherches pour l’Agence spatiale européenne (ESA) au sein de la Station spatiale internationale (ISS) ], l’astronaute Thomas Pesquet a dialogué avec des lycéens, lors d’un duplex mis en place par l’Académie des Sciences à la Coupole de l’Institut de France. Un événement qui a marqué la fin de la célébration du 350e anniversaire de l’Académie, et qui a été organisé en partenariat avec l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale).

Des « expériences prometteuses » pour la médecine

Mais pourquoi l’Inserm s’est-il associé à un tel événement ? Parce que le programme scientifique de la mission Proxima, qui a pour but d’ouvrir la voie vers une exploration de l’espace toujours plus grande, ne touche pas qu’à la science des matériaux, ou à la théorie de la relativité d’Einstein : elle a aussi un versant médical – puisque Proxima prévoit aussi de se pencher sur les effets de la vie dans l’espace sur le corps humain.

Les retombées possibles de la mission de Thomas Pesquet sont grandes pour la médecine. Durant sa mission, l’astronaute français mène, à mi-temps, des expériences sur les sciences de la vie et de la santé – pour 3 laboratoires de recherche de l’Inserm. « L’idée commune de ces 3 projets est d’étudier les effets de l’apesanteur sur le corps et le cerveau, pour ensuite transférer ces résultats aux maladies sur terre. Il s’agit d’expériences uniques et prometteuses pour la recherche médicale », indique Arnaud Benedetti, directeur de la communication à l’Inserm.

Dans l’espace, une horloge interne déréglée

L’Inserm mène d’abord un projet sur le mal de l’espace, et son application avec le mal des transports. L’Unité COMETE (Mobilités : Attention, Orientation et Chronobiologie) a ainsi embarqué des capteurs de mouvement et de température dans la veste intelligente que porte Thomas Pesquet.

Photo prise depuis l'ISS / Compte Twitter de Thomas Pesquet

Photo prise depuis l’ISS / Compte Twitter de Thomas Pesquet

Objectif : étudier les changements liés au sommeil et aux rythmes biologiques, en enregistrant les mouvements de l’astronaute, son cycle veille/sommeil, et sa température corporelle. « En condition de microgravité, l’horloge interne est déréglée, les repères n’existent plus : étudier cela pourrait permettre de trouver des applications cliniques, en direction des personnes souffrant de troubles de l’oreille interne », explique Pierre Denise, directeur de l’unité COMETE, à Science&Santé, le magazine de l’Inserm.

Améliorer les recherches contre l’ostéoporose

Un deuxième projet s’attache à l’étude des modifications osseuses dues au vol spatial et la récupération au retour sur terre. En effet, en apesanteur, les astronautes n’étant pas soumis à leurs poids, la quantité de calcium des os diminue avec le temps, et ces derniers deviennent moins solides. « Résultat, à leur retour, les astronautes peuvent perdre jusqu’à 24% de leur densité osseuse », note Arnaud Benedetti. L’unité Inserm « Biologie intégrative du tissu osseux » recueillera des données qui lui permettront de modéliser cette perte osseuse -afin d’améliorer les recherches contre l’ostéoporose, et d’élaborer des traitements.

L’étude du vieillissement artériel

Dans l’espace, le corps vieillit plus vite. C’est pourquoi les chercheurs de l’Inserm, unité du PARCC (Paris – Centre de recherche cardiovasculaire), étudieront, via des capteurs, ce vieillissement accéléré, « notamment celui des artères, dont on sait que la rigidité artérielle augmenterait d’un équivalent de 10 ans environ, lors de vols spatiaux courts », remarque Arnaud Benedetti.

Nos artères sont en effet d’autres « victimes » de l’espace, puisque la pression artérielle se modifie, jusqu’à conduire à leur hypotrophie – comme dans le cas d’un vieillissement artériel accéléré. Le laboratoire de l’Inserm profitera donc de la mission de Thomas Pesquet pour évaluer ce « vieillissement artériel », mais aussi pour mieux comprendre certaines maladies associées, comme l’hypertension ou le diabète.

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