Lycéen blessé au visage: l’avocat général demande à atténuer la peine du policier en appel

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L’avocat général a requis mercredi une atténuation de la peine infligée en première instance à un policier pour avoir blessé gravement un lycéen en 2010 avec son lanceur de balles de défense, à l’occasion d’une manifestation devant un lycée de Montreuil (Seine-Saint-Denis).

Jean-Yves Césaire avait fait appel après avoir été condamné en avril 2015 à un an de prison avec sursis, ainsi qu’à une interdiction d’exercer pendant un an et de porter une arme pendant deux ans, pour « violences aggravées » et pour « faux ».

Il avait rédigé un procès-verbal présentant sa victime comme un « caillasseur », ce qu’a démenti une vidéo des faits.

S’il a demandé une confirmation de la peine de prison et de l’interdiction de porter une arme, l’avocat général n’a pas requis l’interdiction d’exercer.

Pour le représentant du ministère public, il ne fait pas de doute que le policier, qui est depuis monté en grade et qui est affecté en Guadeloupe, a tiré « hors du cadre de la légitime défense ».

Geoffrey Tidjani, 16 ans à l’époque, a souffert de multiples fractures au visage et a été touché à l’oeil.

Le frêle jeune homme, 22 ans aujourd’hui, est venu parler à la cour de ses séquelles physiques et psychologiques.

L’avocat général a retenu en faveur du policier qu’il reconnaissait désormais les faits, qu’il avait de bons états de service, et qu’il avait eu une « formation insuffisante » au maniement du LBD 40 – l’un des deux modèles de lanceurs de balles de caoutchouc de la police, l’autre étant le Flash-Ball.

Faute de budget pour des munitions à 20 euros pièce, le policier n’a pas suivi les entraînements recommandés. Il a par ailleurs tiré avec une arme que se partageaient plusieurs policiers, au réglage défectueux.

Les policiers « sont des gens extrêmement courageux mais qui ne sont pas formés et qui ne sont pas encadrés. C’est la honte de notre pays », a dit l’avocat de Jean-Yves Césaire, Me Laurent-Franck Liénard.

Le policier à la stature massive a fait part de ses « regrets ». « C’est la première fois que l’on vous entend prononcer ce mot en trois jours d’audience », a relevé le président.

Décision le 28 mars 2017 à 13H30.

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