Education prioritaire: des lycées à nouveau en grève pour des moyens pérennes

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Plus d’une centaine de professeurs grévistes de lycées défavorisés d’Ile-de-France et quelques élèves se sont rassemblés mardi place de la République à Paris pour réclamer des moyens pérennes pour les lycées de l’éducation prioritaire, a constaté l’AFP.

Ces professeurs s’alarment que le gouvernement ait réformé l’éducation prioritaire (ex-ZEP) uniquement pour les écoles et collèges, renvoyant au prochain quinquennat pour les lycées, et demandent une liste précise des lycées conservant leurs aides.

Ils craignent en effet de perdre les moyens supplémentaires pour faire face aux difficultés sociales des élèves, et de voir disparaître à terme des dispositifs pour attirer les professeurs dans des établissements peu demandés (primes, mutations facilitées au poste suivant).

« On se sent vraiment roulés, roulés dans la farine », ont chanté les manifestants, reprenant l’air de « Proud Mary » ou encore : « Hey, Najat, touche pas à ma ZEP ! », sur l’air de « The Wall » des Pink Floyd.

Une assemblée générale à l’appel du collectif « Touche pas à ma Zep », réunissant 135 professeurs selon les organisateurs, a voté mardi la poursuite de la grève jusqu’à jeudi et une manifestation à Paris, ainsi qu’une « action forte » mardi prochain, qui reste à définir.

« La difficulté sociale ne disparaît pas comme par magie à la fin de la 3e » mais le ministère de l’Education « est à court d’arguments » pour accéder aux demandes des grévistes, a estimé David Pijoan, professeur au lycée Guy-Maupassant à Colombes (Hauts-de-Seine) et membre de « Touche pas à ma ZEP ».

Selon le ministère, la participation à la grève mardi était « très faible, concentrée sur une dizaine de lycées avec des taux de participation très variables ».

Depuis le début de la mobilisation, avec plusieurs grèves cet automne, la ministre Najat Vallaud-Belkacem a lâché du lest, notamment 450 postes pour les lycées « les plus en difficulté » pour la rentrée 2017 ou la prolongation de primes jusqu’en 2019.

L’absence de réforme des lycées de l’éducation prioritaire, « on le voit comme un abandon des classes populaires », a déploré Anaïs Fromentière, professeur de français et histoire-géographie en lycée professionnel à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Parmi les conséquences pour les élèves, elle évoque des classes plus chargées, la fin de dédoublements, moins d’encadrement. Côté professeurs, elle prédit un problème d’attractivité dans les zones difficiles, et donc le recours à davantage de contractuels.

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