Arnaud Montebourg : son programme pour l’Éducation nationale

L'ancien ministre de l'Economie est candidat à la primaire du PS pour l'élection présidentielle 2017. Focus sur ses premières propositions pour l'Education.

Arnaud Montebourg / Licence CC / Flickr / LeWeb'13 Paris

Arnaud Montebourg / Licence CC / Flickr / LeWeb’13 Paris

Candidat à la primaire de gauche, Arnaud Montebourg décline peu à peu ses propositions pour l’éducation. Les voici.

Un « maître des savoirs fondamentaux » du CP au CE2

Tout d’abord, l’ancien ministre de l’économie du gouvernement Valls 1, considère que l’Education nationale est « sous-encadrée » et que les enseignants ne sont « pas assez payés ». Pour compenser cela, il propose, dans une interview au Parisien, de « concentrer les efforts, pour commencer, sur la tranche d’âge scolarisée en CP-CE1-CE2 » : en effet, pour lui, les « retards » pris à cette période « sont quasi définitifs » pour certains enfants.

Arnaud Montebourg propose ainsi de dédoubler les classes, « afin de travailler en plus petits groupes », avec des « heures supplémentaires » payées aux professeurs des écoles. L’homme politique souhaite, s’il devient président de la République, créer un « maître des savoirs fondamentaux », qui suivrait les élèves « de classe en classe », du CP au CE2. Il souhaite aussi que les inspecteurs d’académie « soient plus présents dans les écoles », et qu’ils « contribuent davantage » à la formation des instituteurs.

L’ancien député de Saône-et-Loire trouve enfin « très bonne » l’idée d’associer des « retraités de l’Education nationale » (qui seraient « défrayés »), et des professeurs, « autour de certains élèves en difficulté, afin de les faire réviser ». L’effort porté sur les « années d’acquisition des savoirs fondamentaux » que représente la période CP-CE1-CE2 devrait se chiffrer, indique Arnaud Montebourg, autour de 3 milliards d’euros.

Rebâtir une « école de l’émancipation »

Lors d’un discours prononcé à Frangy-en-Bresse,  l’homme politique a affirmé sa volonté de « réarmer la République par l’école ». Selon lui, celle-ci « n’est pas juste faite pour offrir des travailleurs prêts à produire », mais doit permettre aux jeunes, « de tous horizons », de « devenir des citoyens éclairés », conscients de leurs droits et de leurs devoirs.

Pour Arnaud Montebourg, l’école doit ainsi être « reconstruite » autour « d’objectifs socialement utiles et civiquement indispensables », autour d’une « morale républicaine commune », plutôt que « d’appauvrir les programmes et de baisser à l’infini les exigences ». Il refuse ainsi une école transformée en « machine à trier et à éliminer », et veut « rebâtir une école de l’émancipation, par l’instruction pour tous ».+

« Mieux payer » et « mieux former » les profs

Selon Arnaud Montebourg, un programme politique sur l’éducation ne peut se limiter à « des engagements statistiques en nombre de postes ». Pour « la réussite pour tous », il s’engage à « mieux payer » et à « mieux former » les profs, mais aussi à « imaginer d’autres systèmes d’évaluation », « d’autres systèmes de recrutement, de nomination et d’affectation ».

Le président du micro-parti « Le projet France » prône enfin le recours, dans les stratégies pédagogiques, à des « solutions plus coopératives et collaboratives ». Ainsi, estime-t-il, plutôt que « d’humilier les enfants » et d’organiser des « compétitions individuelles », l’école pourrait mettre en place « des projets collectifs où l’on apprendrait à travailler ensemble – comme c’est le cas dans la société française en général ».

5 commentaires sur "Arnaud Montebourg : son programme pour l’Éducation nationale"

  1. Aliguibert  19 décembre 2016 à 18 h 17 min

    Les inspecteurs d’académie existent toujours et se divisent en deux grandes catégories : (1)- les IA-IPR qui sont les inspecteurs par discipline qui officient auprès des professeurs du secondaire (collèges et lycées) et (2)- les IA-DASEN et IA-DAASEN, qui sont les Directeurs académiques et directeurs académiques adjoints des services de l’Education nationale en charge du fonctionnement des établissements de départements. Enfin, il y a les Inspecteurs de l’éducation nationale, dont parle M. Montebourg, qui sont en charge de circonscriptions du 1er degré (maternelle et élémentaire). Ils forment et inspectent dans les écoles.Signaler un abus

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  2. Fatras  20 décembre 2016 à 17 h 38 min

    Mais qu’est-ce que c’est que ça??? Les IA-IPR (dénomination officielle) n’officient que dans le secondaire! Montebourg est incompétent! Les propositions qu’il fait démontrent le peu d’intérêt qu’il porte à ce domaine capital. C’est ridicule! Honteux!Signaler un abus

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    • LiquidLenn  23 décembre 2016 à 12 h 50 min

      Vous faites erreur: « Les inspecteurs de l’éducation nationale (IEN) sont des cadres supérieurs de l’éducation nationale. Ils exercent leurs fonctions dans les écoles du premier degré. Ils peuvent aussi être chargés de l’information et de l’orientation, ou de l’enseignement général et de l’enseignement technique dans le second degré. » (source: Ministère de l’éducation nationale)Signaler un abus

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  3. j-m  21 décembre 2016 à 17 h 40 min

    Ainsi donc l’école « humilie les enfants » et « organise la compétition »… Encore un politicien totalement déconnecté du monde réel : il y a bien longtemps que l’école a renoncé à toute exigence et à toute transmission des savoirs ; les sanctions, comme les redoublements y sont interdits. Par ailleurs, on sait très bien ce que cachent les « autres modes de recrutement », vieille antienne du pédagogisme libéral-libertaire imposé par Bruxelles : faire recruter les professeurs par les chefs d’établissement en lieu et place des concours nationaux qui garantissent l’équité sur tout le territoire de la République, et adapter le recrutement aux publics locaux ; des professeurs qualifiés pour les centre-ville, des animateurs socio-culturels pour les périphéries. Rien de nouveau sous le soleil, donc. Montebourg, comme les autres, se plie aux diktats de Bruxelles.Signaler un abus

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    • Vannier  26 décembre 2016 à 12 h 36 min

      Entièrement d’accord avec vous, je suis ancien prof de physique pou l’essentiel en lycée (un peu de superieur) mon avis est que cette dégénérescence provient pour l’essentiel des pedagogistes adeptes des »sciences  » de l’éducation, les victimes sont les jeunes. L’idée que les chefs d’établissement choisiraient leurs prof, est stupide, il suffit de se renseigner sur leur niveau d’étude! ! Souvent lamentable.Signaler un abus

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