L’exposition Oscar Wilde au Petit Palais

L'exposition "Oscar Wilde, l'impertinent absolu" est en cours au Petit Palais de Paris jusqu'au 15 janvier 2017. Petite chronique.

Napoleon Sarony, Portrait d’Oscar Wilde, 1882. Crédit : Bibliothèque du Congrès, Washington

Napoleon Sarony,
Portrait d’Oscar Wilde, 1882.
Crédit : Bibliothèque du Congrès, Washington

Jusqu’au 15 janvier se déroule l’exposition Oscar Wilde, l’impertinent absolu. Pour cette grande première en France, le Petit Palais retrace la vie et l’oeuvre du natif de Dublin à travers un ensemble de 200 pièces comportant des documents, certains inédits, manuscrits, photographies, dessins, caricatures, effets personnels ou encore tableaux.

 

Oscar Wilde, de Dublin à Paris

Le parcours de l’exposition se fait à travers diverses salles retraçant les différentes périodes de la vie d’Oscar Wilde. Ses années de formation tout d’abord, de 1854 à 1881, de Dublin à Londres en passant par Oxford. Le visiteur peut y voir des portraits de ses premiers professeurs et de ses premières inspirations comme le Saint Sebastien de Guido Reni, un tableau de 1616. Le visiteur découvre ensuite les débuts d’Oscar Wilde comme critique d’art à la Grosvenor Gallery de Londres (1877) puis son voyage en Amérique en 1882. Une escapade lors de laquelle il pose pour le photographe Napoleon Sarony, qui immortalise le plus célèbre cliché de Wilde. Le succès est tel que ces photos sont parodiées, le plus souvent à des fins publicitaires comme on peut le découvrir pendant l’exposition.

C’est à la suite de ce voyage qu’Oscar Wilde rejoint Paris en 1883 où il côtoie Victor Hugo, Henri de Toulouse-Lautrec ou encore Paul Verlaine. Il se maria avec Constance Lloyd et effectua sa lune de miel dans la Ville Lumière en 1884. Il connut le succès littéraire entre 1890 et 1895 grâce à son seul roman, le Portrait de Dorian Gray et le succès théâtral avec L’importance d’être constant. Il écrivit une autre pièce par la suite intitulée Salomé, entièrement en français mais censurée outre-manche. Suite à l’accusation de lord Queensbery, père d’Alfred Douglas, l’amant de Wilde, il est condamné en 1885 pour homosexualité à deux ans de travaux forcés. Il décède cinq ans plus tard à Paris. Enterré au cimetière de Bagneux, son corps est transféré au Père-Lachaise où Jacob Epstein lui édifie un monument funéraire en forme de sphinx.

Un artiste francophone et francophile

Cette exposition s’est faite à l’initiative du petit-fils d’Oscar Wilde, Merlin Holland, comme nous l’a confié Dominique Morel, le conservateur de l’exposition : « C’est Merlin Holland qui nous a contactés il y a trois ans pour faire une exposition en nous annonçant qu’un philanthrope turc du nom d’Ömer Koç était intéressé pour amener un financement. Il a en effet une grande passion pour Wilde et nous a donné de nombreuses pièces de cette exposition ».

Cette exposition est la première en France sur un artiste qui adorait pourtant la capitale de l’Hexagone : « C’était un francophone et un francophile, il a fait de nombreux séjours à Paris et y a passé sa lune de miel en 1884. La France a raté le coche en 2000 lors du centenaire de sa mort, il n’y a rien eu alors que l’Angleterre a honoré sa mémoire. Son oeuvre a néanmoins toujours été connue et diffusée, il existe des éditions à la fois scolaires et universitaires d’Oscar Wilde ».

Avec la participation de Robert Badinter

Dominique Morel évoque également la mise en place de cette exposition : « Le défi que nous nous étions lancés était : comment montrer l’oeuvre d’un écrivain dans une exposition ? Comment présenter des livres ? Nous présentons des éditions rares, des manuscrits, des livres avec des dédicaces, des lettres, mais nous avons également voulu montrer des tableaux. Il ne faut pas oublier qu’il a été critique d’art. Différents tableaux, différentes images du mythe de Salomé dont il s’est inspiré pour écrire sa pièce homonyme sont aussi exposés, à côté de dispositifs visuels évoquant ses pièces. Nous avons par ailleurs des lectures par l’acteur britannique Rupert Everett avec des extraits du Portrait de Dorian Gray. Enfin, nous avons, à la fin de l’exposition deux interview avec Merlin Holland, le petit-fils d’Oscar Wilde, et avec Robert Badinter, qui a publié il y a quelques années une pièce intitulée C. 3.3. dans laquelle il retrace le procès et l’incarcération de Wilde ».

Avec 50 000 entrées à la fin novembre, Oscar Wilde, l’impertinent absolu est victime de son succès puisque les réservations de groupe sont complètes jusqu’à la fin de l’exposition. Néanmoins, il existe des dispositifs pédagogiques pour les élèves et étudiants : « Nous avons des panneaux explicatifs à l’entrée de chaque salle, des citations bilingues qui peuvent servir à améliorer son anglais, et nous avons une application qui permet de visiter en toute quiétude l’exposition ».

Avec un nombre de visites pour l’instant « au-delà des espérances », Dominique Morel espère atteindre « un nombre à six chiffres » d’ici le 15 janvier 2017.

 

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