Strasbourg: un prêtre élu à la présidence de l’Université

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L’Université de Strasbourg (Unistra) s’est dotée mardi d’un nouveau président en portant à sa tête un professeur de théologie et prêtre catholique, une situation unique en France, dont le principal intéressé assure qu’elle n’aura aucune conséquence sur la manière dont il assumera ses fonctions.

Cette élection n’est pas une révolution puisque Michel Deneken, 59 ans, a été premier vice-président de l’Université pendant huit ans, en charge des finances puis de la formation initiale et continue. Depuis septembre dernier, il assurait la présidence de l’Unistra par intérim, après le départ pour le ministère de l’Enseignement supérieur du précédent président, Alain Beretz.

Il a été élu mardi par le Conseil d’administration par 26 voix contre 9 pour son opposante Hélène Michel, qui avait conduit une liste alternative aux élections universitaires.

Professeur certifié d’allemand, M. Deneken est également docteur en théologie catholique. Il enseigne depuis 1989 à l’Unistra.

Il a mené des recherches sur « l’histoire des dogmes, notamment autour des questions liées à la mort et à la résurrection de Jésus », ainsi que sur « les relations entre l’Église catholique et les Églises de la Réforme », selon un communiqué de l’Unistra – qui ne mentionne d’ailleurs pas le fait que M. Deneken est prêtre catholique depuis 1985.

L’Unistra, qui compte 50.000 étudiants, est la seule université publique française à disposer de facultés de théologie (catholique et protestante), une particularité permise par le Concordat.

Certains des opposants à la liste menée par M. Deneken avaient mis en avant sa qualité de prêtre pour s’opposer à son élection à la tête de l’Unistra.

Le Syndicat national des chercheurs scientifiques et le Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNCS et Snesup, affiliés à la FSU) avaient estimé que « le fait qu’un prêtre et théologien (…) puisse être président d’une grande université de recherche, constitue un très mauvais signal envoyé à la communauté scientifique de notre pays et à une société très divisée sur la question de la laïcité ».

Des arguments balayés par le syndicat étudiant AFGES, ainsi que par M. Deneken lui-même qui, dans son discours mardi, n’a fait aucune allusion à cette polémique. Il s’est contenté de souligner son ambition de « soutenir la qualité de la recherche » et de « renforcer l’attractivité » de l’Unistra « au niveau mondial ».

« Il n’y a pas d’atteinte à la laïcité », a assuré M. Deneken aux Dernières nouvelles d’Alsace.

« Cette polémique montre que dans certains esprits en France, on n’a toujours pas réglé de manière sereine et raisonnable ce qu’est la laïcité », a-t-il également dit à l’hebdomadaire Le Point. « Le vrai modèle français est la neutralité », a-t-il ajouté, déplorant une conception de la laïcité qui viserait à « bannir » les religions des « espaces publics ».

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