Un Cazeneuve intime évoque en Gironde « les années les plus heureuses » de sa vie

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Le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, s’est offert vendredi un retour dans le temps, sur un campus de sa jeunesse en Gironde, où il a assuré avoir passé en tant qu’étudiant les années « parmi les plus heureuses de son existence » et reçu un enseignement qui a fait de lui un « violemment modéré ».

« Les années que j’ai passées ici sont parmi les plus heureuses de ma propre existence », a déclaré Bernard Cazeneuve, 53 ans, à une assemblée d’étudiants et d’enseignants, lors de l’inauguration du nouvel Institut d’Etudes politiques de Bordeaux à Pessac (Gironde), où il étudia de 1982 à 1985.

Dans un discours personnel, parfois touchant, mêlant souvenirs de son père instituteur, « hussard noir de la République », de ses lectures de jeunesse, dont François Mauriac découvert à l’âge de 12-13 ans, égrénant les noms d’anciens professeurs, de camarades de promotion, le Premier ministre a avoué un « moment de grande émotion » et livré la source universitaire de son ADN politique.

« L’esprit de tempérance. Nous sommes ici dans un établissement imprégné de l’esprit de grands intellectuels de Gironde, d’Aquitaine: Montesquieu, Jacques Ellul, Albert Mabileau, Maurice Duverger… Des esprits rigoureux, qui savaient qu’il faut (…) +que le pouvoir arrête le pouvoir+, pour reprendre les mots de Montesquieu », a-t-il précisé à des journalistes. « Je suis imprégné de cela, cela m’a appris à être, comme disait Tocqueville, +violemment modéré+ », a-t-il poursuivi.

Détendu, il a ensuite pris un long bain de foule entrecoupé de selfies avec les étudiants, plaisantant avec eux sur ses étonnements d’étudiant parisien d’alors qui découvrait le Sud de la France (« +chocolatines+ au lieu de +pain au chocolat+ »).

Le Premier ministre, qui a évité toutes les questions politiques, s’est juste autorisé à dire qu’il souhaitait que sa famille politique « soit toujours là après 2017 », et qu’il « fera tout dans la responsabilité qui est la (sienne) pour que cela soit possible ». Il a rappelé que le président François Hollande et lui-même étaient pour la période qui s’ouvre, jusqu’à l’élection présidentielle, « des acteurs totalement désinteréssés, désireux de bien gouverner le pays et faire pour la France le meilleur ».

Au directeur de l’IEP Yves Déloye qui lui rappelait qu’à chacune de ses venues à Pessac, en 2014, puis en 2016, avait correspondu une importante promotion (ministre de l’Intérieur, puis Premier ministre), Bernard Cazeneuve a répliqué: « Je ne suis pas sûr de revenir, je ne veux causer de souci à personne… ».

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