Lycéen mort dans une avalanche: le guide relaxé

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Le tribunal correctionnel de Grenoble a relaxé mercredi le guide qui encadrait une sortie en ski de randonnée dans le Vercors en janvier 2015 au cours de laquelle un lycéen était mort dans une avalanche.

Frédéric Viret, 50 ans aujourd’hui, professeur de sport et guide de haute montagne depuis 20 ans, était poursuivi pour homicide involontaire après le décès d’un de ses 16 élèves de terminale, Renaud Rousseau, 17 ans.

A la sortie du tribunal, M. Viret a fait part à quelques journalistes de son « soulagement » et de sa « gratitude » envers le tribunal qui « a rétabli ce qui s’était passé ce jour-là », espérant que cela permettrait « à chacun de cheminer dans l’existence ».

Le 28 janvier 2015, la journée était ensoleillée et la classe de terminale sports-études d’un lycée de Die dans la Drôme effectuait enfin une sortie en ski de randonnée.

Dans une combe au-dessus de la commune de Villard-de-Lans (Isère), le drame avait pris la forme d’une avalanche dont aucune expertise ne pourra définir avec certitude les causes. Renaud meurt dès les premiers minutes, à cause d’un choc au thorax avec un arbre emporté par la coulée de neige.

Si le jugement reconnaît qu’il n’a pas commis d’imprudence, le professeur restera « profondément marqué » par la perte de Renaud dont il était très proche, le jeune homme ayant notamment évoqué l’envie de devenir guide de montagne.

Cinq anciens élèves, qui avaient fait le déplacement pour entourer leur professeur, se sont aussi dit « soulagés » de cette issue judiciaire qui allait permettre « au groupe de passer à autre chose ».

En 20 ans de carrière de professeur, M. Viret n’avait jamais connu d’accident et il reste « amer » du traitement que lui a infligé l’Éducation nationale qui n’a « pas respecté la présomption d’innocence »: suspension sans traitement pendant 6 mois, suppression de son poste dans le lycée de Die (Drôme) où il enseignait et nomination sur un poste qui ne correspond pas à ses compétences. Deux recours administratifs sont en cours, a-t-il précisé.

Sans vouloir commenter cette décision en particulier, le président du Syndicat national des guides de montagne (SNGM) Christian Jacquier a exprimé ses « pensées pour la famille car cela reste un événement dramatique ».

« On constate une tendance naturelle de la société à chercher un responsable quand il y a un accident. On n’accepte plus la fatalité et le rapport à la prise de risque a évolué », a-t-il souligné auprès de l’AFP, parlant d’une « montée en puissance indéniable de la judiciarisation » même si en France elle reste « raisonnable ».

Alors que le SNMG fête ses 70 ans à Chamonix (Haute-Savoie), « on réfléchit pour s’adapter aux attentes de la société et on essaie de réduire au maximum les accidents même s’il y aura toujours une prise de risque ».

Pour M. Jacquier, « reste le point particulier des enfants: il n’est plus toléré d’avoir des accidents avec eux et il faut en tenir compte ».

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