Hommage à Malik Oussékine, frappé à mort par des policiers il y a 30 ans

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Une centaine de personnes se sont rassemblées mardi devant le 20 rue Monsieur le Prince à Paris (VIe), en hommage à Malik Oussékine, frappé à mort par des policiers en marge d’une manifestation, il y a trente ans.

Parmi la foule, des militants de SOS Racisme, de la Ligue des droits de l’Homme, des syndicats CGT, CFDT et FSU, des lycéens de la Fidl et des membres de la famille de Malik Oussekine qui ont déposé plusieurs gerbes de fleurs, a constaté l’AFP.

Le matin, la maire de Paris Anne Hidalgo, accompagnée d’élus et de membres du syndicat étudiant l’Unef, avait également rendu hommage à l’étudiant de 22 ans.

Le 5 décembre 1986, une équipe de policiers « voltigeurs motocyclistes » est là où des étudiants tentent d’élever une barricade contre le projet de réforme Devaquet, du nom du ministre délégué à l’Enseignement supérieur. Malik Oussékine, qui sort d’un concert pour rentrer chez lui, est pris en chasse par des policiers. Frappé dans le hall d’immeuble où il s’est réfugié, il est transporté inconscient à l’hôpital Cochin avant de décéder.

Présent à l’hommage, le sénateur PS de Paris David Assouline, porte-parole de la confédération étudiante en 1986, se rappelle avoir été « complètement hébété » en apprenant son décès : »Je me souviens que je répétais +ils sont devenus fous+. Notre mouvement était très bon enfant, festif, on chantait +CRS avec nous, vos enfants sont dans la rue+ ».

« Ca a marqué toute une génération », a commenté le président de SOS Racisme Dominique Sopo. « Trente ans après, l’État a toujours des difficultés à reconnaître les violences policières », a-t-il ajouté, évoquant le fait que la plaque déposée en 2006 indique qu’il a été « frappé à mort » mais ne mentionne pas par qui.

Interrogé par l’AFP, un frère de Malik Oussekine, Mohammed, s’est dit « très ému que ces dernières années, on parle encore régulièrement de notre frère. Il ne nous appartient plus, il appartient à tout le monde ».

Au lendemain de la bavure, Alain Devaquet a démissionné, tandis que les étudiants défilent en silence portant des pancartes « ils ont tué Malik ». Le projet de loi sera finalement retiré.

Les deux policiers voltigeurs, poursuivis pour « coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner » ont été condamnés en janvier 1990 l’un à 5 ans de prison avec sursis et l’autre à 2 ans avec sursis.

Une plaque au nom de Malik Oussékine sera apposée au premier trimestre prochain sur une résidence étudiante du CROUS dans le XVIIIe arrondissement de Paris, a annoncé Anne Hidalgo

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