« Théorie du genre »: demande de confirmation en appel de la condamnation de Farida Belghoul

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Une peine de 5.000 euros d’amende, comme en première instance, a été requise lundi en appel à Orléans pour complicité de diffamation à l’encontre d’une institutrice de maternelle à l’encontre de Farida Belghoul, fondatrice du mouvement Journée de retrait de l’école (JRE), opposé à la « théorie du genre ».

Le représentant du ministère public, Jean-Dominique Trippier, a également requis la confirmation de la condamnation à 4.000 euros d’amende pour diffamation d’une mère de famille de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), Dalila Hassan, qui partage le combat de Mme Belghoul contre « l’enseignement de la théorie du genre ».

L’institutrice a quant à elle réclamé 20.000 euros de dommages et intérêt.

La cour d’appel rendra son arrêt le 30 janvier prochain.

En mars 2014, sur fond de polémique autour du mariage homosexuel et du programme scolaire expérimental ABCD sur l’égalité entre hommes et femmes, la mère d’origine tchétchène d’un petit garçon de trois ans avait rapporté des propos de son enfant selon lequel sa maîtresse l’avait déculotté, ainsi qu’une petite fille de la classe, afin qu’ils échangent des caresses sexuelles et des « bisous ».

Alertée, la correspondante locale de JRE, Dalila Hassan, avait contacté le 28 mars 2014 Mme Belghoul, qui était dès le lendemain devant l’école de Joué-les-Tours, commune populaire de la banlieue de Tours.

Une vidéo, mise le soir même sur YouTube, accusait l’institutrice de faire l’apologie de la théorie du genre.

Celle-ci avait porté plainte avec constitution de partie civile pour diffamation envers un fonctionnaire public.

Au cours de l’audience, Mme Hassan a assuré qu’elle n’était pas présente lors du montage et de la diffusion de la vidéo. « Je pensais que sa diffusion serait purement privée. Je n’ai pas donné mon accord pour sa diffusion sur YouTube », a-t-elle déclaré.

De son côté Mme Belghoul a, comme en première instance, mis en cause son caméraman, introuvable depuis.

L’avocat général a estimé que l’attitude des deux femmes n’était « pas courageuse ». « L’arme des réseaux sociaux, c’est l’arme des lâches », a-t-il dénoncé en rappelant que l’enquête sur les allégations de la mère de famille avait révélé « d’abord du sable, et à la fin… du vent ».

« Le véritable enjeu de ce dossier, c’est la contestation des valeurs républicaines », a-t-il asséné.

Environ 25 personnes s’étaient donné rendez-vous à la cour d’appel d’Orléans pour manifester leur soutien aux deux femmes. De son côté, une petite dizaine de militants du syndicat SUD Education ont déployé devant la Cour d’appel une banderole pour affirmer leur solidarité avec l’institutrice.

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