Marine Le Pen présente à la Réunion son programme pour l’Outre-mer

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Créer un ministère de la Mer et des Outre-mer, supprimer à terme la sur-rémunération des fonctionnaires, appliquer la priorité nationale dans le système scolaire et renforcer la lutte contre l’immigration clandestine: Marine le Pen, en visite à la Réunion, a rendu public lundi son programme pour les Outre-mer.

Devant la presse, la présidente du Front national a prédit que les Outre-mer seraient, avec le milieu rural, « les premières victimes de l’austérité massive » de François Fillon. « Ce sont les territoires les plus fragiles qui paieront le prix le plus lourd », a-t-elle averti.

La candidate à la présidentielle a répété une nouvelle fois qu’elle souhaitait mettre en place un ministère de la Mer et des Outre-mer, « de plein exercice ».

Le domaine maritime est « une chance de développement inouï », qui a été « laissée en jachère par les précédents gouvernements », a-t-elle insisté. « Je veux donner à la mer une dimension stratégique, et c’est sur l’Outre-mer que notre pays va devoir s’appuyer », a dit la leader frontiste, en déplacement à la Réunion depuis dimanche, avant de se rendre à Mayotte.

Sur place, elle a rencontré des chefs d’entreprises, des présidents d’associations, des agriculteurs, le président de la chambre de commerce et d’industrie, et le seul maire (divers droite) qui ait accepté de la recevoir, dans la commune du Tampon (sud).

– suppression du droit du sol –

En matière économique, elle veut attirer les investissements extérieurs en remettant en place des dispositifs d’allègement de charges ou de défiscalisation (dispositifs Pons, Perben, Girardin, etc.) et créer des « Zones ultramarines françaises d’investissement prioritaire », pour lutter « contre un chômage endémique ».

Sujet cher aux Ultramarins, elle a dénoncé « la concurrence déloyale » qu’instaure selon elle l’Union européenne, qui « permet d’importer des produits en Europe qu’on n’a pas le droit de produire », et « fragilise » l’économie des Outre-mer.

Elle a notamment déploré que la banane soit ainsi « mise en concurrence avec la +banane dollar+, fabriquée avec des coûts de production inférieurs aux nôtres et sans les normes sanitaires et environnementales ».

Et pour lutter contre la vie chère, plainte récurrente des Ultramarins, elle veut « revoir le périmètre de l’octroi de mer », taxe sur les produits en Outre-mer qui finance les communes, qui est selon elle « responsable de l’inflation ». Elle propose de ne le conserver que « sur les produits concurrents à la production locale ».

Face à l’immigration clandestine « totalement dérégulée », notamment à Mayotte, à la Réunion et en Guyane, elle a insisté sur « la fermeté de l’Etat ». « Partout nous augmenterons les effectifs de la police aux frontières et les moyens de surveillance. C’est sûr, c’est pas du Fillon », a déclaré Mme Le Pen un peu plus tard, lors d’un meeting devant quelque 300 partisans.

« Et l’une des première mesures sera la réforme du code de la nationalité et la suppression du droit du sol », a-t-elle ajouté sous les applaudissements des militants.

La présidente du FN veut aussi « appliquer la priorité nationale au système scolaire », déplorant que dans certains territoires, « l’école est obligée de prendre en charge une immigration de plus en plus importante », une charge « que nous ne pouvons plus supporter », a-t-elle martelé, estimant que Mayotte était sur ce sujet « le symbole du chaos ».

Elle a aussi souhaité supprimer à terme la sur-rémunération des fonctionnaires qui exercent en Outre-mer, justifiée notamment par le différentiel de coût de la vie avec l’Hexagone et pour compenser l’éloignement de la métropole. Elle préconise qu’une « part significative de fonctionnaires » soit issue des territoires.

En matière d’emploi, elle n’est d’ailleurs « pas opposée » à une préférence régionale en Outre-mer, sorte de priorité d’accès à l’emploi qui permettrait « aux Réunionnais de vivre et travailler sur leur territoire ».

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