Un collège marseillais brièvement fermé après la découverte de flèches dans l’établissement

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Confinés par sécurité pendant une partie de la matinée, les élèves d’un collège du 3e arrondissement de Marseille n’ont pas eu cours lundi après-midi, après la découverte de deux flèches dans les espaces extérieurs de l’établissement.

Plusieurs professeurs, rencontrés par l’AFP, affirment que les flèches ont été tirés depuis des immeubles quasi-insalubres bordant le collège Versailles, situés dans l’un des quartiers les plus pauvres de France.

Après la découverte d’une première flèche, un parent d’élève « a en a vu une deuxième tomber », sur un terrain de sport où aucune classe ne s’exerçait, a relaté Anne Lebroc, professeur d’espagnol. Deux de ces flèches « professionnelles », de plusieurs dizaines de centimètres de long et au bout pointu, avaient déjà été retrouvées la semaine dernière, ajoutent les enseignants.

« Il y a eu des flèches découvertes (mais) à notre connaissance, il n’y a pas eu de tir repéré contre des élèves ou des enseignants », a cependant souligné lors d’un point-presse la ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem, en visite lundi dans la cité phocéenne.

Les élèves ont été confinés « tant que les abords du collège n’étaient pas sécurisés », puis sont sortis à la mi-journée sous la protection de la police, a-t-elle expliqué. Il n’y a pas eu cours lundi après-midi, mais la ministre « souhaite que les cours reprennent » mardi.

Une enquête a été ouverte pour déterminer d’où proviennent les flèches, et s’il y a eu des tirs directs sur l’établissement. Des équipes de sécurité ont été envoyées pour « sécuriser davantage » l’établissement. La préfecture de police des Bouches-du-Rhône a de son côté assuré que la présence policière serait renforcée dès mardi pour permettre la reprise des cours.

Après cet incident, une dizaine de professeurs du collège ont souhaité interpeller la ministre, en déplacement dans une école marseillaise, sur la situation de l’établissement, l’un des plus défavorisés de la ville.

« Nous ne nous sentons plus en sécurité, la violence est récurrente, le quartier est abandonné », explique Louise Bros, professeur de maths, qui aux côtés de ses collègues décrit les bagarres quotidiennes, les parents qui en viennent aux mains ou cet élève récemment blessé par des tirs de plombs à l’extérieur de l’établissement.

« C’est un collège qui doit être rénové depuis plus de 10 ans… On ne peut plus faire notre métier normalement, on ne peut pas faire de prévention », déplore sa collègue Anne Lebroc.

Professeur de SVT, Anne-Sophie Brevet a constaté que « la violence est rentrée » au collège. « Des élèves subissent la violence au quotidien dans leur quartier, et ils en se rendent même plus compte que c’est grave… D’autres ont peur », décrit l’enseignante, militante à Sud-Education.

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