Orientation: remous après la fermeture probable de plusieurs CIO en Seine-Saint-Denis

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La fermeture de six Centres d’information et d’orientation (CIO) en Seine-Saint-Denis porterait atteinte à un « service public de proximité gratuit » dont bénéficient de nombreux jeunes de ce département défavorisé, a dénoncé vendredi une intersyndicale dans un communiqué.

Selon cette intersyndicale qui réunit huit organisations de personnels de l’éducation et de parents d’élèves, le rectorat a annoncé la fermeture de six des dix-sept CIO du département pour la rentrée 2017 (40% du réseau).

Une décision qui fait suite, selon elle, au « désengagement » du Conseil départemental, lequel prenait en charge jusqu’alors les frais de fonctionnement et le loyer de huit de ces centres.

« Ce ne sont à ce stade que des spéculations », affirme-t-on au rectorat de Créteil, tout en reconnaissant que « l’académie ne pourra suppléer complètement au désengagement du département ».

« Nous avons arrêté d’assurer à la place de l’Etat une charge de fonctionnement de 236.000 euros sur un budget total de 10 millions d’euros », a réagi le directeur de cabinet du président socialiste du département, refusant d’endosser la responsabilité de ce redimensionnement du réseau. « Le rectorat prend prétexte que le département se recentre sur ses compétences et d’une baisse minime de recettes pour fermer les CIO », a-t-il ajouté.

L’intersyndicale rappelle que la Seine-Saint-Denis connaît depuis seize ans « une hausse démographique continue du nombre d’élèves scolarisés dans le second degré » et subit depuis 2008 les « conséquences de la crise économique sur des populations fragiles et une forte population d’élèves décrocheurs et non-francophones ».

Dans ce contexte, « les CIO sont tout particulièrement sollicités » et réduire leur présence sur le territoire risque d’agrandir les « distances pour les collègues et les familles ». Avec le risque pour les conseillers de « perdre un peu plus le contact avec les décrocheurs et les élèves venant d’arriver en France ».

Pour Rodrigo Arenas, le président de la FCPE 93, une telle décision est la « suite logique » d’une politique qui a pour effet de « réduire encore le réseau de professionnels qui entourent les gamins et en qui ils ont confiance: les médecins, les infirmières et les psys scolaires, les Rased (réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté), les AVS (auxiliaires de vie scolaire) et maintenant les CIO ».

Il cite l’exemple « catastrophique » de la fermeture du CIO de Gardanne, une ville des Bouches-du-Rhône où le chômage est important. « Les familles doivent aller dans un autre CIO mais comme il n’y a pas de transport, elles n’y vont plus », assure-t-il.

Au-delà de la question des moyens, il faut se poser la question de l’adaptation des formations au marché du travail et se montrer plus prospectif: « Quels sont les métiers d’avenir ? Travailler comme bagagiste à Roissy alors que tout ça va être robotisé ? », s’interroge M. Arenas.

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