A Lyon, la fusion des universités a du plomb dans l’aile

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L’université Lyon-III a mis à mal la fusion des universités de Lyon et Saint-Étienne en votant, lundi soir, contre le projet de labellisation Initiatives d’excellence (Idex), selon des sources concordantes.

« Avec 18 voix contre 16, le conseil d’administration de Lyon-III a refusé de prendre part au projet Idex, qui induit la fusion des universités dans les quatre ans », s’est félicité mardi le président du syndicat étudiant UNI-Lyon, Alexis Camus, ajoutant que ce vote entraînait « la sortie de Lyon-III de la Communauté d’universités et d’établissements (Comue) ».

Le président de l’université Lyon-III, Jacques Comby, n’a pas pu être joint dans l’immédiat. Une source proche du dossier a toutefois confirmé ce vote à l’AFP.

« Avec la fusion des universités, il y a la crainte de perdre l’identité morale et juridique de Lyon-III, qui a une histoire particulière et des projets pédagogiques différents de ceux de Lyon-I et Lyon-II », a poursuivi le syndicaliste étudiant.

Le président de la Comue, Khaled Bouabdallah, a déclaré à l’AFP prendre « acte » de ce vote, qu’il a dit « regretter ».

« De fait, Lyon-III ne fait plus partie du consortium porteur du projet Idex mais celui-ci reste solide puisque Lyon-I a voté pour aujourd’hui (mardi) à une large majorité, ainsi que la Comue », a-t-il ajouté. Le vote de l’université Lyon-II est prévu vendredi.

Le président de la Comue a dit préférer le terme « d’intégration » des universités à celui de « fusion », estimant qu’il s’agissait de construire un « établissement nouveau avec un rayonnement fort et une meilleure attractivité du territoire ».

Les Idex s’inscrivent dans le cadre du programme d’investissements d’avenir, qui prévoit au total 22 milliards d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche. Ils ont pour ambition de créer en France des ensembles d’enseignement et de recherche de rang mondial. L’obtention de ce label devrait conférer à l’Université de Lyon des moyens financiers annuels supplémentaires de l’ordre de 30 millions d’euros.

En 2012, la candidature de Lyon avait essuyé un échec mais avec possibilité de rattrapage. Une nouvelle gouvernance avait été mise en place en février 2015 avec pour perspective la fusion des différentes universités.

L’Université de Lyon, Comue qui fédère 12 établissements d’enseignement supérieur et de recherche à Lyon et Saint-Étienne – plus 17 associés -, soit 130.000 étudiants, doit déposer sa candidature auprès du jury Idex le 29 novembre, en vue d’une audition décisive en février.

« L’Idex permet d’obtenir des moyens supplémentaires non négligeables et non fléchés avec un effet de levier qui peut atteindre au total 100 millions d’euros », a souligné M. Bouabdallah.

Les membres de la Comue, dont les trois universités lyonnaises, doivent approuver ce processus avant la fin de l’année. Leurs responsables avaient signé le 30 septembre un texte commun en faveur de l’intégration mais celle-ci est loin de faire l’unanimité au sein des établissements.

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