Des centaines de manifestants pour défendre les lycées ZEP, qui se sentent « oubliés »

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Plusieurs centaines de professeurs et élèves de lycées en zone prioritaire ont manifesté jeudi à Paris, Dreux et Marseille pour réclamer le maintien des moyens supplémentaires, estimant qu’ils sont « les grands oubliés » de la réforme de l’éducation prioritaire de 2014.

Le sort de ces lycées, situés dans des quartiers défavorisés, « reste en suspens », a déclaré à l’AFP Antoine Rogé, professeur de philosophie au lycée Jacques-Feyder à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), venu manifester à Paris, à proximité du ministère de l’Éducation, avec des collègues et des élèves.

Son établissement de quelque 1.600 élèves bénéficie chaque année d’une enveloppe de 100 heures supplémentaires, qui permettent les cours en demi-groupe, des effectifs à environ 25 élèves par classe (contre 35 en général) et des cours de préparation pour les concours aux grandes écoles telles que Sciences Po.

« Chez nous, c’est un établissement qui marche justement grâce à ces moyens », ajoute l’enseignant de 29 ans, affecté dans ce lycée depuis un an.

L’éducation prioritaire, créée il y a plus de 30 ans par Alain Savary, a été réformée sous le mandat de François Hollande, avec des modifications entrées en vigueur en 2014 et 2015. Les labels RRS et Eclair ont cédé la place aux labels Rep (réseau d’éducation prioritaire) et Rep+ (pour les établissements les plus difficiles). Le label Zep, toujours usité dans le langage courant, n’existe plus depuis longtemps.

Mais cette réforme n’a concerné que les écoles et les collèges, la ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem expliquant début 2016 qu’elle avait voulu cibler « l’enseignement obligatoire » (jusqu’à 16 ans), « à savoir l’école et le collège ».

– Des zombies, ‘entre la vie et la mort’ –

Les lycées appartenant à l’éducation prioritaire « ont été oubliés », selon les enseignants, qui ont lancé le mouvement « Touche pas à ma Zep », et sont soutenus par plusieurs syndicats dont la CGT-Education, Sud-Education, le Snes et FO.

Face à la montée des protestations au cours des derniers mois, la ministre a maintenu une large partie des moyens et indiqué mardi devant les députés que les moyens dédiés à ces établissements seront « entièrement maintenus à la rentrée » 2017.

Elle a répété jeudi que la réforme de l’éducation prioritaire pour les lycées « viendra ». « Je souhaite qu’elle se fasse au début du prochain quinquennat », a-t-elle dit lors d’une visite au Salon de l’Education.

La France compte quelque 260 lycées classés en éducation prioritaire, sous différents labels, dont beaucoup se trouvent en banlieue parisienne et dans l’académie d’Aix-Marseille.

Les manifestants étaient environ 400 à Paris et 400 à Marseille, selon des estimations de l’AFP. A Dreux (Eure-et-Loire), ils étaient entre 250 et 300, selon les syndicats.

A Marseille, l’ex-ministre de l’Économie Emmanuel Macron a été pris à partie par des enseignants, lors de son premier déplacement en province de candidat déclaré à la présidentielle.

Outre des moyens supplémentaires pour le fonctionnement de ces lycées (généraux, technologiques ou professionnels), les professeurs perçoivent une prime et des points de bonification pour le déroulement de leur carrière.

Pour la manifestation, Paul Fraisse, prof de français à Jacques-Feyder, s’est grimé en zombie, avec du faux sang dégoulinant sur le visage. « Nous sommes entre la vie et la mort », a expliqué un autre prof en riant.

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