La plus grande « désillusion » des profs débutants : l’implication du métier dans leur vie privée

60 % des professeurs des écoles débutants ne s'attendaient pas aux empiètements du métier d'enseignant sur leur vie privée, selon une enquête du Snuipp.

enseignant fatigué

© contrastwerkstatt – Fotolia

Les professeurs l’ont suffisamment répété après les propos polémiques de Nicolas Sarkozy fin octobre : ils ne travaillent pas que pendant leur temps de service. Cette absence de frontière entre vie privée et vie professionnelle est d’ailleurs la principale « désillusion » des enseignants du primaire débutants, selon l’Observatoire des professeurs des écoles débutants 2016, une enquête(1) menée par le syndicat Snuipp-FSU et publiée ce lundi. Invités à désigner les plus grandes différences entre l’idée qu’ils se faisaient du métier et la réalité, 60% ont choisi « l’implication du métier dans la vie privée ». La charge de travail arrive en seconde position (54%), suivie par l’hétérogénéité des classes (43 %).

Des débuts dans le métier moyennement satisfaisants

60 % seulement des nouveaux enseignants se disent satisfaits de leur entrée dans le métier, un chiffre en baisse constante depuis 2004, où 77% des répondants étaient contents de leurs débuts. C’est « la connaissance de la réalité d’une classe », qui a le plus fait défaut aux profs des écoles débutants (39 % des répondants). Il estiment également avoir manqué de connaissances pédagogiques (30 %) et d’accompagnement pédagogique (28 %). 17 % déplorent en outre le manque de « soutien psychologique », un chiffre en hausse de 4 points par rapport à 2013.

Des enseignants plutôt satisfaits au quotidien

71 % se disent toutefois satisfaits par rapport à ce qu’ils attendaient du métier. La proportion de répondants envisageant de changer de métier d’ici 15 ans a d’ailleurs baissé de 4 points par rapport à 2013 (14 % contre 18 %). La réussite des élèves est la plus grande source de satisfaction pour 63 % des répondants, 60 % citent les relations avec les élèves et 53 % le fait de transmettre des connaissances.
Au niveau des sources d’insatisfaction, 65 % ont du mal à gérer leur temps de préparation, 62 % les différences de niveaux au sein de la classe, et 54 % l’échec persistant de certains élèves.

Les classes trop chargées décriées par les nouveaux profs

Principale cause des difficultés scolaires, selon les profs, : les classes trop chargées. Les effectifs trop importants sont en effet cités par 83 % des professeurs comme principal facteur d’échec à l’école primaire, avant la situation sociale des familles (47 %). Baisser le nombre d’élèves par classe arrive d’ailleurs en tête des priorités citées par les nouveaux enseignants (83 %), avant la mise en place du Plus de maîtres que de classes (48 %).

Ils jugent également très sévèrement la réforme des rythmes scolaires, insatisfaisante pour 82 % des nouveaux profs, et particulièrement impopulaire chez les sympathisants de droite (91 %).

Enfin, ce qui tend à montrer la dégradation de l’image du métier, 88 % des répondants estiment exercer un métier dévalorisé par la société, contre 59 % en 2001.

Note(s) :
  • (1) Enquête Harris Interactive pour le Snuipp, réalisée en ligne du 19 mai au 13 juin 2016. Echantillon de 1639 professeurs des écoles ayant cinq ans ou moins d’ancienneté, à partir d’un fichier de contacts fourni par le SNUipp.

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