« Maman a tort »: le stage de 3e, c’est pas du gâteau!

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Tout le monde a en mémoire le fameux « stage de 3e », avec son malheureux collégien égaré près de la machine à café. Avec « Maman a tort », en salles mercredi, Marc Fitoussi ne réussit pas seulement une comédie, mais aussi une critique acérée du monde de l’entreprise.

Anouk rêvait d’un stage à la télévision, mais le plan tombe à l’eau et la voici pour une semaine dans la compagnie d’assurances de sa mère (Émilie Dequenne).

Tout juste sortie de l’enfance avec sa bouille ronde et son bonnet à pompon, Anouk (la jeune Jeanne Jestin, très crédible) va découvrir la mesquinerie de la vie de bureau et surtout les compromissions de sa mère pour garder sa place.

Marc Fitoussi croque avec jubilation les rituels minuscules du travail. C’est le petit déjeuner du lundi dans le service de Simone, le sapin de Noël dans le hall d’entrée et le calendrier de l’Avent dont un employé tiré au sort ouvre chaque jour une petite fenêtre pour en manger le chocolat…

Le vernis de convivialité vole en éclats sous le regard perçant d’Anouk. Rien ne lui échappe, ni l’employée dépressive mise au ban par ses camarades, ni l’indifférence feinte de sa mère lorsqu’une assurée sur le point d’être expulsée de son logement vient plaider sa cause à l’accueil.

Anouk, vaillante petite enquêtrice, va sortir du placard où on l’a affectée au rangement pendant toute la semaine pour fouiller les dossiers… et découvrir le pot au roses.

Le film prend alors des allures de thriller, pour débusquer une arnaque quasiment institutionnalisée de l’assureur, qui falsifie les données médicales pour refuser l’indemnisation de ses assurés les plus fragiles.

L’image de la mère, contrainte à maquiller des dossiers pour atteindre d’inaccessibles objectifs, s’écroule dans l’esprit de l’adolescente.

Le film excelle dans la description des personnages, y compris les seconds rôles: employées joviales ou pédantes (excellente Camille Chamoux), cadres au bout du rouleau, ados au coeur tendre…

C’est la vie de tous les jours, celle du métro-boulot-dodo, des parents séparés, des antidépresseurs pour dormir le soir.

Le banal stage de 3e devient dans le film une véritable épreuve initiatique, une sorte de rituel qui pourrait s’appeler « bienvenue dans le monde des grands ».

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