Harcèlement scolaire à Condé-sur-l’Escaut : des profs sanctionnés pour s’être mis en grève

Après s'être mis en grève pour soutenir un élève harcelé, des enseignants ont été sanctionnés. Une mesure "injuste" pour le député A. Bocquet, qui a écrit au ministère.

Le Lycée du Pays de Condé, à Condé-sur-Escaut / http://lyceepaysdeconde.etab.ac-lille.fr/

Le Lycée du Pays de Condé, à Condé-sur-Escaut / http://lyceepaysdeconde.etab.ac-lille.fr/

Début octobre, les enseignants du lycée polyvalent du Pays-de-Condé, à Condé-sur-l’Escaut (Nord), s’étaient mis en grève, pour dénoncer des faits très graves de harcèlement scolaire.

Un élève de Seconde avait en effet porté plainte, accusant des camarades de l’avoir suspendu dans le vide, par les pieds, du haut d’une passerelle. Une agression survenue après de nombreux autres « actes vexatoires ou humiliants », infligés au quotidien à la victime, harcelée « en raison de sa petite taille ».

« Retenues sur salaire » pour « absence de service »

Quelques jours après les faits, le 3 octobre, accusant l’établissement de n’avoir prévu « aucune sanction disciplinaire », les professeurs du lycée de Condé-sur-l’Escaut avaient décidé de ne pas assurer les cours – et selon eux, c’est suite à cette grève que les 7 élèves mis en cause dans l’affaire avaient finalement été convoqués en conseil de discipline. Aujourd’hui, 3 d’entre eux ont été mis en examen et exclus du lycée.

Selon France 3 Nord Pas-de-Calais, « l’affaire n’en est pas restée là, côté enseignants » : ainsi, les professeurs qui se sont mobilisés le 3 octobre ont été sanctionnés par « des retenues sur salaire », suite à un « constat d’absence de service ». Dans un courrier adressé le 24 octobre à Najat Vallaud-Belkacem, le député-maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord), Alain Bocquet, dénonce une sanction « injuste ».

Un « risque réel » de loi du silence

« Il aura fallu la mobilisation des professeurs et un dépôt de plainte de la famille du jeune concerné, pour qu’on conseil de discipline soit convoqué et que des mesures soient prises », rappelle-t-il. Et d’ajouter que « face à ce manque de soutien de la hiérarchie académique », le risque de voir des enseignants « se taire par peur de représailles lors de la survenue d’événements similaires » est « réel ».

Alors qu’aura lieu, le 3 novembre, la journée nationale « non au harcèlement« , et que des actions sont prévues de longue date au lycée de Condé-sur-l’Escaut, « les professeurs s’interrogent sur leur participation, et c’est légitime, du fait de la condamnation dont ils sont victimes », écrit Alain Bocquet.

« Protéger les lanceurs d’alerte »

Le député-maire réclame la « levée immédiate » des sanctions prises contre les enseignants. « Il faut respecter et protéger ces lanceurs d’alerte », estime-t-il encore, invitant la ministre de l’Education nationale à « apporter sa solidarité » au personnel de l’établissement, durant la journée du 3 novembre.

A noter que des enseignants du lycée de Condé-sur-l’Escaut étaient déjà entrés en grève début septembre pour protester contre « un manque d’effectifs » – dans un lycée classé en zone sensible. « Les élèves requièrent une attention particulière, attention impossible à prêter dans des classes surchargées », expliquait alors La Voix du Nord. Le proviseur avait avoué son impuissance, expliquant être « tributaire d’une dotation », et affirmant avoir « redemandé des moyens au rectorat ».

Source(s) :
  • France 3, La Voix du Nord

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