Le vin bio, c’est bon pour l’emploi aussi, indique une étude

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Les viticulteurs bio emploient proportionnellement plus de salariés que la viticulture traditionnelle et mieux formés, même s’il existe peu de formations spécifiques initiales dédiées au bio, souligne une étude réalisée par Inra/Sup Agro Montpellier pour l’association interprofessionnelle SudVinBio.

Sur les 558.000 emplois générés par la filière vin en France, dont 100.000 sont chefs d’exploitation, l’étude estime à 60.000 environ le nombre d’emplois dans le bio, secteur qui a une plus grande tendance à embaucher.

« La viticulture bio compte pour environ 10% des emplois alors qu’elle représente quelque 5% du nombre d’exploitations », a souligné Louis-Antoine Saïsset, enseignant chercheur à L’Unité Mixte de recherche Moisa INRA-Sup Agro de Montpellier, qui a présenté l’étude mardi à Paris.

Un tiers des exploitations bio ont un ou plusieurs salariés, contre un quart des exploitations non bio, a-t-il ajouté.

Par ailleurs, les salariés sur les exploitations bio sont souvent plus présents, 71,5% sont employés à temps complet, contre 66,8% dans le non bio. Ils sont aussi mieux formés, 17,8% d’entre eux sont cadres et techniciens, contre 11,6% dans le non-bio.

L’étude montre aussi que les formations initiales proposées aux jeunes dans les lycées agricoles en viticulture bio sont assez peu nombreuses. Elle en recense seulement 9 dans toute la France, essentiellement dans les pays de Loire (3), en Alsace (1), dans le Jura (2) et dans le sud-est de la France (3). Aucune en région Bourgogne-Champagne et aucune dans le Bordelais.

« Il existe des modules de formation de viticulture bio dans le cadre des études agricoles et viticoles généralistes », a tempéré Patrick Guiraud, président de l’association interprofessionnelle SudVinBio, lui-même viticulteur bio sur 120 hectares près d’Aigues-Mortes.

« L’exploitation bio demande beaucoup de technicité et de main d’oeuvre, c’est une viticulture basée sur l’humain et la compétence, qui demande une implication plus importante, car la nature ne reproduit pas deux fois le même schéma, et il faut que nous nous adaptions à chaque fois en remplaçant les produits phyto-sanitaires par des actions manuelles », a-t-il ajouté.

Le bio nécessite plus de présence dans le vignoble pour le surveiller quasi-quotidiennement, un desherbage manuel ou mécanisé. L’enlèvement des repousses au pied des ceps est aussi réalisé mécaniquement par une épampreuse.

Actuellement, la viticulture souffre d’une pénurie de tractoristes, diplômés de machinisme agricole, capables de conduire les appareils qui assurent le désherbage, a précisé M. Guiraud.

En 2015, la France comptait quelque 59.235 hectares de vigne certifiée bio, sur un total d’environ 750.000 hectares de vigne dans le pays.

Les autres chiffres de l’étude datent de 2010, issus des banques de données Agreste du ministère de l’Agriculture.

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